LIBRE SALMIGONDIS
Publié par le blogue à Jack ©2005, 06 |
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LA VALSE LUMIÈRE
Valse lumière,
grande échevelée,
le quai n'est pas encore rangé!
Il va geler sur le lac
et il fera noir...
C'est pour se rappeler
un jour encore
et dire merci
à l'été,
à ses fruits
aux poissons,
aux plongeons
à ses passions
même celles
qui nous ont gâtés
pourris
Valse lumière
à quatre temps
qui n'hésite pas
à tout bouleverser...
Photo jd, lac Pearsley, aut. 2005
par Jacky boy | le 2006-10-07 21:11:17 | PERMALIEN
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GRATUIT?
(Photo jd, petit bout de la murale des Patriotes, station Papineau)
Le serveur s'est converti! Le bar est ouvert!
Un vers de plus! C'est gratos! Une gerbe de powèmes!
Alors on continue de tout bord tout côté?
On continue dans ses vieilles mitaines
le pouce à l'air libre
Salmigondis?
par Jacky boy | le 2006-10-01 20:01:57 | PERMALIEN
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SAUTER DANS LE TRAIN DE NUIT
Noticias
Je confirme que la publication de nouveaux textes dans Libre salmigondis s'arrête ici.
Pour faire suite ailleurs, autrement,
il faut sauter dans le
TRAIN DE NUIT
C'est noté?
par Jacky boy | le 2006-09-06 21:06:14 | PERMALIEN
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MONBLOGUE, COMMUNICATEUR DE L'ANNÉE.
Ça y est! Sans avertissement autre qu'un délai supposé être en octobre prochain(?), la pub (j'pas capable!) est rentrée aujourd'hui!..
Cela signifie que mon compte «pro» est à renouveler? No way!
Après tant d'autres blogueurs, certains avaient d'excellents carnets sur Monblogue, je déménagerai à mon tour sous d'autres cieux. J'ai un projet de Chienne à Jacques en cours d'élaboration...
En attendant, on peut toujours prendre le Train de nuit à l'adresse suivante :
Merci beaucoup aux anciens et aux nouveaux. Ce fut une année de plaisir à échanger.
On se reparlera, c'est officiel.
Arividerchi!
par Jacky boy | le 2006-08-22 20:36:52 | PERMALIEN
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DE L'EAU DANS LE GAZ DE LA BOLIVIE
Libre salmigondis voudrait d'abord être un lieu de poésie. Comme l'a déjà dit Richard Desjardins dans une conférence à Montréal vers 1991, le poète souhaiterait bien se concentrer sur sa job : rêver le monde, parler d'amour. Mais il y a de partout des cieux menaçants, de l'indignation, des commandes de légitime défense, des urgences qui bousillent l'art. Félix Leclerc, l'Allouette en colère, avait compris cela lui aussi à la fin de sa carrière.
Parlant de nécessités, au Québec très peu de personnes, hélas, parlent de nos voisins, de nos frères «américains» au sens continental du terme. Il me fait donc doublement plaisir d'accueillir en ces pages des textes de Jean-Paul Dammagio, instituteur français, ami du Québec, mon ami, voyageur des Amériques et militant politique.
***

Ce paysan acharné, décidé et infatigable, fit la Une des gazettes du monde début décembre 2005. Il était devenu président de la République en sachant que l’heure du repos n’avait pas sonné, d’autant qu’il avait l’intention de réaliser son programme en trois points : une nouvelle assemblée constituante, une nationalisation du gaz et une réforme agraire (dans cet ordre car toute action a besoin d’ordre). L’Assemblée est en place depuis le 6 août, la réforme agraire suit son cours, mais la nationalisation des hydrocarbures… Par un texte très bref, j’avais, le premier mai 2006, annoncé la décision de nationaliser, mais de la décision à la réalisation …
« Avec le pétrole en arrière-fond, comme grand protagoniste de la division internationale du travail, du monde du capital qui est celui qui détermine d’ailleurs cette crise, nos souffrances, nos immaturités, nos faiblesses, et en même temps les conditions d’assujetissement de notre bourgeoisie, de notre néo-capitalisme présomptueux ». C’est Pasolini parlant de la toile de fond de son dernier roman … Pétrole. Déjà, en 1974 !
En nationalisant, Evo Morales et son gouvernement n’avait pas la sensation d’aller à l’aventure, d’abord parce que c’est la troisième nationalisation dans le pays, qu’il y avait déjà une petite entreprise publique à disposition, YPFB, que la privatisation précédente avait laissé 49% des actions à l’Etat bolivien (sans en lui laisser la gestion) et que les amis de la PDVSA vénézuélienne étaient aussitôt accourus en renfort. D’ailleurs, Hugo Chavez en personne fit le voyage à Ciudad del Este pour arrondir les angles avec Lula et Kirchner. Quels angles ?
La nationalisation touchait surtout l’entreprise nationale brésilienne Petrobras et l’entreprise argentino-espagnole Repsol (à un petit degré Total, qui se pliera aux décisions de Petrobras). Le lecteur naïf peut penser qu’entre latinos tout allait couler de source, d’autant que la Bolivie souhaitait seulement accéder à 51% du capital des entreprises, et augmenter le gaz à un tarif plus correct que le pillage organisé depuis des années. Or, c’est de l’eau qui coule dans le gaz : Petrobras ne veut rien entendre ! L’entreprise l’a annoncé dès le départ et confirme depuis : cette nationalisation est inacceptable ! Aujourd’hui, 18 août, les négociations sont rompues, et côté brésilien, le gouverneur de Mato Grosso craint des coupures en représailles.
La tension monte à La Paz où, qui plus est, les enseignants entame une grève dure pour demander des augmentations de salaire. Andrès Solis le courageux ministre des hydrocarbures va-t-il être censuré et obligé de démissionner par le Sénat ? L’acharné et infatigable Evo, depuis qu’il a mis un pied dans la lutte, n’a cessé de surprendre autour de lui. Dix fois, il a été considéré mort, dix fois il est revenu au premier plan, jusqu’à cette élection historique avec 55% des voix dès le premier tour. En recoupant les résultats de juillet de tous les instituts de sondages, il est sans contexte possible le président le plus aimé de toutes les Amériques (loin devant Bush bien sûr). Il a trouvé l’instrument de la contre-attaque hors des Amériques … en Norvège !
C’est sûr que les Brésiliens l’emporte pour le moment; ils retardent la nationalisation, interviennent comme chez eux dans les affaires intérieures du pays (mieux que ne pourrait le faire les USA) et réussissent même à passer pour des martyrs ! Petrobras a beaucoup investi en Bolivie, c’est vrai, mais sans retour en termes de bénéfices ? À qui peuvent-ils le faire croire quand tous les pays producteurs d’hydrocarbures ne savent plus combien de millions de dollars leur tombent sur la tête ? La Norvège est le troisième plus grand bénéficiaire de la montée du prix du baril, après l’Arabie Saoudite et la Russie et le gouvernement sait très exactement le chiffre des bénéfices de ses deux entreprises nationales Statoil et Norsk Hydro.
Erik Solheim le ministre norvégien en charge du dossier est actuellement en Bolivie pour fixer la forme de l’aide à apporter, une aide qui n’est pas que technique. Ce pays a mis en place une structure pour aider les petits pays qui veulent contrôler la corruption, et calculer les taxes pétrolières (la négociation avec Petrobras semble achopper sur les chiffres quand on compare le montant des bénéfices affiché l’an dernier et l’étrange baisse de cette année). Elle travaille déjà dans 16 pays d’Afrique et d’Asie et va pour la première fois mettre les pieds en Amérique latine. Son intervention est devenue urgente car contrairement à ce qu’espérait Morales, Petrobras a mis en œuvre un énorme plan de déstabilisation. Si Hugo Chavez se montre généreux en fourniture d’asphalte (1600 tonnes pour être précis), PDVSA, son entreprise pétrolière, a tendance à se faire oublier. Pour ne pas faire de l’ombre à l’ami Lula en instance de réélection ?
Quel plan de déstabilisation ? Les investissements de capitaux internationaux tombent de 600 à 100 millions de dollars or, dans le type de nationalisation choisi, les capitaux privés étaient toujours inclus comme partenaires (avec Repsol l’accord est en bonne voie !). Les petites entreprises sous-traitantes boliviennes qui travaillent donc avec Petrobras, sont invitées, par cette entreprise, à chercher du travail ailleurs. Or Evo, plus acharné que jamais, a démontré, preuve à l’appui, que Petrobras se propose de financer une campagne de presse pendant 75 jours à la gloire des transnationales (75 jours c’est le délai qu’il reste aux entreprises pour conclure les négociations ou partir de Bolivie). Alors, bouquet final, l’entreprise brésilienne dénonce la corruption qui domine dans l’entreprise bolivienne (quand on sait les scandales de corruption qui ont été révélés au Brésil et qui doivent, comme partout, être la partie visible de l’iceberg !).
L’iceberg, les Norvégiens connaissent, mais, quand le Wall Street Journal rend compte des problèmes boliviens, avec une certaine courtoisie, le quotidien prend soin d’oublier les capacités nordiques (peu connues en Europe aussi, il est vrai). Pour mieux laisser entendre que la nationalisation à La Paz c’est fini ? Mais Evo continue sur le fil du rasoir, entre ceux qui veulent garder la privatisation, et ceux qui veulent une nationalisation plus radicale. Sa peau d’Indien en a vu d’autres et les neiges de l’Altiplano risquent de plaire aux Norvégiens…
Jean-Paul Damaggio
Sources : Bolpress, La Razon, Econoticias, El Tiempo, Wall Street Journal.
par Jacky boy | le 2006-08-19 20:28:36 | PERMALIEN
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LE GOUFFRE DU DESSOUS
Nos associations libres n'expliquent parfois ni les rêves, ni les réalités de l'esprit que l'on voudrait croquer d'un trait rapide. L'autre jour (cf. mon entrée du 13 août), la première station de mon Chemin sans croix blablatait contre «les écrivains qui marchent sur la tête». Je pensais ici au vieux barbu griffant son maître Hegel : les idéalistes (au sens philosophique) marchent sur la tête, il faut remettre la pensée en marche... Je visais l'égoïsme narcissique aussi répandu que la pluie dans les lettres, les scripts, les carnets, les blogues...
Or suivant l'expérience ultime et insondable du XXe siècle, une lecture récente me suggère une toute autre interprétation de la posture.
En effet, dans Paroxysmes - La parole hyperbolique (VLB, 2006), Michaël La Chance cite d'abord des passages dits célèbres (je ne les connaissais pas) de Paul Celan qui renverse, contraire à l'aiguille de nos mondes, le plancher des vaches commun. Celan écrit : «Il lui était désagréable, parfois, de ne pas pouvoir marcher sur la tête.» et «Qui marche sur la tête a, en vérité, le ciel pour abîme au-dessous de soi.» (p. 16).
Michaël ajoute : «Parce que l'enfer est sous la terre, et que le brasier est sous nos pieds : à la surface de la terre affleure la cendre.» (idem).
Penser aux toiles rugissantes, effrayantes de Kiefer (l'avez-vous vu à Montréal l'an dernier?) peut aider à comprendre de quel «orage d'acier» il s'agit, orage aux manuscrits plombés, aux oiseaux de guerre que nous recevons sur le dessous de nos pieds, par le haut des yeux...
La Chance : «... nous avons un désir et une quête du vivant, quand notre quête même le fait jaillir, le fait apparaître hors de son élément.» (p. 17). Ce qui renvoie à l'abolition, au sentiment de la mort, à la poésie des abysses.
Nous sommes loins des petits secrets mystérieux et croustillants des pèlerins de la compote littéraire! Loin aussi des autruches mortifiaires.
Anselm Kiefer, Et la terre tremble encore (1982)
par Jacky boy | le 2006-08-19 10:46:21 | PERMALIEN
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APRÈS-MIDI FLEUR-À- FLEUR
- Chère, une tasse de thym citronné?
- (Voix très claire) Oh! Oui! Ce n'est pas de refus...
Je le prends le petit doigt en l'air.
(Photo jd, jardin, Béthanie, 17/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-18 13:35:25 | PERMALIEN
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À LA BARRE DU JOUR
L'autre matin, le soleil rentrait par la fenêtre et la brume sortait par derrière comme une barre.
(Photos jd, Béthanie, 17/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-18 09:25:29 | PERMALIEN
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POÉVISION OU «LA PAIX AU MOYEN-ORIENT»
«Je m'ouvre une autre bière
en pensant
Le sink a besoin d'être nettoyé.
La vaisselle est sale.
Il y a une femme couchée dans
mon lit.
Tandis que je finis ma bière
elle prie pour la paix
au Moyen-Orient.»
- Patrice Desbiens in La vérité se passe un doigt (Steak haché anthologique), Édition Trois-Pistoles, 2000, p. 119.
par Jacky boy | le 2006-08-16 09:17:22 | PERMALIEN
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BONNE FÊTE ACADIE!
Ce que j'aime le plus de l'Acadie? La voix, l'imagination et les épaules de Marie-Jo Thério. Et les racines qui ont pris loin, là-bas, en la belle Louisiane. Aussi au Québec : Chiasson, Vigneault, Leblanc... Le coeur increvable de ce joyeux peuple-là...
(Photos jd, Cap Pelé, N.B.)
par Jacky boy | le 2006-08-15 19:04:37 | PERMALIEN
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LE PASSÉ EN GÉNÉRAL
«Le passé en général, c'est, en premier lieu, la langue. C'est-à-dire le système phonétique, lexical, grammatical, comme potentialité non consumable, potentialité éternelle en tant qu'elle n'est jamais épuisée ou affaiblie par l'ensemble de ses réalisations.»
- Paolo Virno, Le souvenir du présent (1999).
par Jacky boy | le 2006-08-14 23:09:34 | PERMALIEN
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FICTION BOTTES AUX PIEDS
(Photo jd, Riv. Noire, 13/08/06)
Je marche jusqu'à la rivière
été, hiver, je marche
Je marche détrempé, détrôné, détapissé
s'il le faut...
Je marche pour me défatiquer, me défeuiller, me déficeler,me dégoudronner, me défouler
Je marche pour me débrancher
me délasser, me désentortiller, me décontracter,
me désabonner, pour défaire le déconcrissé
Je marche pour me défricher
me défiger, me dépaqueter, me démêler, me déchiffrer...
Je marche pour me déplisser
aller-retour
Je marche jusqu'à la rivière
avec le chien sur les cailloux
Puis je reviens,
mine de rien, mine de tout.
Telle est ma démarche.
par Jacky boy | le 2006-08-14 12:27:43 | PERMALIEN
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LE CHEMIN SANS CROIX
(Photo j.d., chemin qui longe la Riv. Noire, 13-08-06)
Je suis allé par les routes de ma campagne natale. J'y ai vu du bleu et des roches. Il faut bien naître en quelque part, puis gambader autant qu'on veut. Ne me parlez pas de ces écrivains qui se coupent les pieds pour faire le tour du monde, se laissent attacher les mains, se frottent à toutes les mouvances, les saints hommes qui marchent sur la tête, les pélerins de notre temps. Ils vendent beaucoup de livres, il est vrai. Il doit y avoir matière à penser, à rêver, à révolutionner? Qu'est-ce qui m'ennuie chez eux? Moi, je vais seulement au bout du chemin.
par Jacky boy | le 2006-08-13 23:29:00 | PERMALIEN
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TRISTE CYNIQUE
Il m'arrive parfois de passer par la revue Multitudes
Je viens d'y lire quelques pages de Paolo Virno, philosophe marxiste italien né en 1952. Je suis loin de bien le connaître. J'ai lu en partie déjà Souvenirs du présent (1999). Pas facile de circuler à nouveau dans Hegel et Husserl, mais l'esprit de ce livre ne m'a jamais quitté. L'A. y critique finement l'acharnement - à droite - à siffler la fin de l'histoire.
Ici Virno constate que la réalité contemporaine est en sortie de scène du travail (salarié) et que le show désormais est défrayé par une accumulation (capitaliste) basée sur le savoir (incorporé au capital fixe). D'où le thème serti de bulles cher aux petits caporaux du système : l'économie du savoir. D'où les péroraisons souvent à côté de la plaque sur la fin du travail.
Du point de vue de l'éthique, Virno avance quelque chose de crucial au sujet de la crise du commandement contemporain et du relativisme qui en découle, de l'utilisation de «l'autre» comme un objet pour arriver à ses fins. C'est le règne du cynique «privatisé», girafe néo-libérale seule sur son île mais mondialisée.
Conséquences? Le cynique «bloque par avance toute aspiration à une communication dialogique transparente. Il renonce d’emblée à la recherche d’un fondement intersubjectif à sa praxis, tout comme il renonce aussi à la revendication d’un critère commun d’évaluation morale. L’effondrement du principe d’équivalence (c'est moi qui souligne) si intimement lié à l’échange et à la marchandise, se donne à voir, dans le comportement du cynique, comme l’abandon « sans douleur » des instances d’égalité. Au point même, ajoute Virno, que l’affirmation de soi se fera justement à travers la multiplication et la fluidification des hiérarchies et des inégalités que semblent impliquer l’avènement de la centralité du savoir dans la production. (...) C’est toutefois dans l’absolue négativité même du cynisme contemporain, dans cette adaptation opportuniste à une nouvelle relation entre « Vie » et savoir, qu’il faut saisir une sorte d’apprentissage de masse des nouvelles conditions du conflit.»
Resterait à éclaircir ce qu'on entend au juste par «communication dialogique transparente». Resterait aussi à savoir ce que Virno a pu ajouter à ce texte qui date de 14 ans. Mais pour l'heure, sur le seul plan de l'éthique, même si l'économie, voire l'économisme, nous rebute et que nous avons tendance à faire porter l'analyse essentiellement sur le politique, on retiendra que l'analyse des rapports écomomiques n'est toujours pas devenue une idée complètement inutile...
Quelques notes à propos du general intellect
par Jacky boy | le 2006-08-11 10:33:07 | PERMALIEN
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L'ÉTOILE DE LA JOURNÉE
Lu ce matin parmi les lettres des lecteurs publiées au Devoir cette quasi prière de Paul Chamberland qui comporte une citation de Mahmoud Darwich:
La parole d'un poète
Alors que de soi-disant défenseurs de la démocratie se lavent les mains du meurtre, qu'ils autorisent, de victimes innocentes, dont le tort est de n'être pas des «nôtres», quiconque se refuse à la tromperie pourrait méditer ces vers du poète palestinien Mahmoud Darwich, extraits de État de siège
«Je t'apprendrai l'attente / Sur un siège de pierre / Nous pourrons échanger nos noms, tu pourrais trouver / Une ressemblance subite entre nous: / Tu as une mère, / J'en ai une, / Et nous avons la même pluie, / La même lune Et une courte absence de la maison.»
Paul Chamberland : Morin Heights, le 7 août 2006
***
À propos de Darwich : http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/accueil.html
par Jacky boy | le 2006-08-09 23:29:34 | PERMALIEN
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LIBRE SALMIGONDIS A UN AN!
Libre Salmigondis, mon blogue, a un an aujourd'hui!
C'est Marc-André qui me tirait par la manche à l'époque, me suggérant que la manie d'envoyer des courriels collectifs à tout bout de champ en vidant mon carnet d'adresse pouvait être mieux canalisée dans un blogue et sans doute être plus cool pour mes destinataires, libres désormais de lire ou pas mes textes.
Le «média» blogue arrive sur nos écrans radar au début des années 1990. Mais le phénomène a explosé depuis deux ans seulement partout en Occident et gagne maintenant la Chine ( http://www.branchez-vous.com/actu/06-08/10-273102.html) . Quelques réflexions critiques commencent à émerger. Il y a beaucoup de nombrilisme et d'état d'âme sur la bloggosphère. Par ailleurs, les bloggueurs-artisans de la première heure craignent de voir s'installer une certaine professionnalisation (voir par exemple le New York Times http://screens.blogs.nytimes.com/), ce qui risque de tuer dans l'œuf l'esprit de création, la joyeuse anarchie, le propos libre et populaire qui se construit en marge des officines du quatrième pouvoir.
L'économisme, sa mouvance, sa «gouvernance» et son étal journalier sur nos ondes, c'est connu, sont une espèce de caméléon-sangsue «à la mode de chez nous», dans tous les pays du monde, capable d'avaler la poésie la plus crue pour nourrir, pour gaver plutôt l'inconscient collectif qui trouve, croit-on, chaussure à son pied par les trous si rigolos de la publicité enchantée. C'est un peu long, mais c'est comme cela que je le pense. Nous sommes dans cette forêt sans arbres et il faut se lever de bonne heure pour comprendre tout cela. Comprendre la nudité de notre richesse.
Dans une large mesure, la contestation des cinquante dernières années est devenue de la poussière de rebelle pour maquiller - au sens de «licher» - les passions, les émotions, les affects, tout ça. Surréalisme, frocs, rock, beat, hippies, mai 68, indépendantisme, rap, reggae, gays... Et vous verrez bientôt sur les écrans près de chez vous ce qu'on fera de la révolte des jeunes dans la cité!
On récupère la nuit, l'aube, l'eau, l'opium et le peuple, les religions du peuple comme le montre, après Gramsci, le philosophe slovène Slavoy Zizek.
Mais qu'est-ce que la mode, sinon cette contrainte que personne ne nous impose?
Les journaux, la radio, la télévision, le Web... Je laisse à Chomsky qui me décourage et me réveille le soin de décortiquer la main-mise au fond pas très subtile de la «maudite machine», pour dire comme Octobre. Je laisse à l'excellent Michaël La Chance le soin de portraiturer les sirènes tintanabulantes de la cyberculture et dont le chant blesse l'authenticité de nos vies (Les penseurs de fer, Trait d'Union, 2001).
Pour moi qui ne suis pas très à la mode, tenir un cyber-carnet était une découverte et une aventure tant au niveau de l'édition que de l'échange avec de nouvelles personnes.
Une petite communauté de bloggueurs s'est établie à partir de notre serveur commun. Peu de gens, mais d'une grande qualité comme Onassis que je ne connais pas autrement que par sa plume régulière et que j'estime beaucoup.
De blogues en blogues, j'ai découvert quelques autres jeunes écrivains qui ne sont pas diffusés ou dont les écrits ne m'auraient pas touché facilement. C'est le cas de Maxime Catellier ( http://probantime.blogspot.com) et de Perras (j'ignore son prénom) dit Perrasite. Son adresse se trouve dans mes liens.
Je trouve très beau aussi le blogue du journaliste Bertrand Hall. Il écrit peu, son silence donne à penser.
Dans mon blogue, je me hasarde à explorer une conviction que je tiens pour profonde mais qui est sans doute peu utile pour transformer sinon le monde, au moins un peu soi-même, à savoir que la littérature reste l'une des seules voix libre de notre époque. C'est une grande lumière pour moi, une source d'espoir, une réserve de sensibilité et de sens, un souffle pour passer à travers la nuit. Mais comment partager ce rien vibrant puisque ce n'est pas ma fonction dans la vie de parler de littérature? Puisque j'ai si peu de temps pour lire et écrire? Puisque je ne sais rien.
Je n'ai aucun plan éditorial sur Salmigondis et j'ai épousé bien des causes qui n'ont à première vue rien à voir avec la poésie, beaucoup avec l'indignation. La mise à mort de la chaîne culturelle par les incultes de Radio-Canada, le congédiement de François Parenteau par les imbéciles de Radio-Canada, la condamnation de l'écrivain français Jean-Michel Maulpoix à payer une amende pour avoir diffusé sur son site le témoignage du poète Brice Petit relatif à des violences policières, le coup d'Orford...
À présent et par-dessus tout, comment ne pas être révolté par la position du Canada en regard du conflit au Liban?
J'ai publié quelques textes de Jean-Paul Dammagio, un spécialiste, surtout un amoureux de l'Amérique latine. À partir de ces textes, j'ai accueilli avec grand plaisir des commentaires fraternels de l'historien français René Merle.
Il m'est arrivé de parler un peu de philo. Un texte autour de Cassirer a permis un échange stimulant avec les philosophes Georges A. Legault et Josiane Ayoub. Curieusement, c'est ce texte très liminaire et un peu technique qui a été le plus consulté via les moteurs de recherche comme Google.
Il m'est arrivé de parler un peu d'éthique. Enfin, je l'espère. C'est alors que m'a écrit régulièrement Jean-Luc Fillion, un collègue étudiant à la Chaire d'éthique appliquée de l'Université de Sherbrooke. J'aime beaucoup nos échanges hors cours et en marge des travaux officiels.
Sans forcer la note pour que mes amis ne me disent pas que je suis gentil «mais lourd», j'ai proposé aussi quelques textes de création. À ma grande joie, ces poèmes ont entraîné d'autres poèmes, en particulier ceux de Michel Vincent qui suggèrent toujours des images vives, très proches de l'enfance.
Dans le même esprit, c'est avec beaucoup de bonheur que j'ai reçu des textes de Jean Custeau. Comment vous faire entendre ses disques qui ne passent jamais à la radio sinon en publiant quelques chansons?
Mon ami brésilien Claudio qui a un fils québécois m'a fait suivre à ma demande une traduction en portugais d'un poème d'Aragon. C'est un morceau de choix qui fait partie de Libre Salmigondis.
Une nuit de l'hiver dernier, je travaillais encore vers trois heures du matin pour en finir avec un travail universitaire. En fait, je venais de le «shiper» au prof par courriel et j'étais comme un peu saoul. Je décide de faire le tour de mon blogue avant de tout éteindre. J'aperçois alors un commentaire récent qui m'a donné un grand coup. Il se lisait comme suit : «Enfin, je vous trouve. Votre entrée du 19 septembre 2005 me le prouve. Écrivez-moi (par courriel) s'il-vous-plaît, je voudrais vous rencontrer.»
C'était signé Kattleen Gurrie que j'ai prise pour la sœur de mon ami poète, décédé, Michael T. Gurrie. Il s'agissait en fait de sa nièce, étudiante en littérature... Nous nous sommes rencontrés. Ce fut très impressionnant pour moi.
Déjà les voix que j'ai citées plus haut et que je ne saurais nommer toutes ont été de grands soleils qui m'ont tiré en avant. Mais je me permettrai de dire sur le plan personnel que cette seule rencontre avec Kattleen donne à mon blogue le mérite d'avoir existé.
Je me demande toutefois si je vais poursuivre ce carnet. En moyenne, une trentaine de visiteurs viennent chaque jour. Trois fois il y a eu plus de 100 personnes. Les «cotes», cela importe peu. Mais reste que sur le plan du dialogue, sauf quelques heureuses exceptions, je ne suis pas certain de contribuer adroitement.
Ce sont des problèmes techniques surtout qui m'embarrassent. Mon serveur s'est fait durement attaquer par des spams ce printemps. La fonction commentaire a été gelée pendant plusieurs mois sans explication. On a coupé, scrapé des commentaires déjà publiés!!! L'organisation des archives est préhistorique. En plus, j'ai un abonnement payant alors que partout les blogues sont devenus gratuits. La plupart des bons sites qui étaient chez MonBlogue (Branchez-vous!), pour ne pas le nommer, ont déménagé au cours des derniers mois.
C'est dans ce contexte que j'ai ouvert pour expérimenter chez Blogger un autre carnet qui s'appelle Train de nuit (jazz, poésie). On trouvera l'adresse parmi les liens amis.
À suivre, donc.
Merci!
Merci de vos mots qui donnent de la vie à ce carnet.
Et au plaisir.
Jack.
par Jacky boy | le 2006-08-09 02:21:00 | PERMALIEN
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MANIFESTATION POUR LA PAIX À MONTRÉAL
Dimanche, 6 août, une journée délicieuse à écouler parmi les papillons, tranquille, près du jardin, sous les érables, dans la campagne un peu engourdie, en sirotant quelques St-Ambroise. Mais je rentre tôt. J'ai un rendez-vous. Voici que mon voisin me visite alors que j'achève d'arroser les tomates. Ce n'était pas prévu. Je prends du retard pour le retour des Cantons-de-l'Est. Pas grave. Je serai présent à la marche de protestation tout à fait significative qui s'est tenue aujourd'hui dans les rues de Montréal!
Boulevard René-Lévesque, les couleurs du peuple de cette ville étaient, comme d'habitude, belles à voir. Avec une touche particulière venue du pays du Cèdre, le Liban en guerre. La douleur palpable. La colère aussi. Des mots durs. Des images insupportables sur les pancartes de plusieurs manifestants. Mais la solidarité était au rendez-vous de toutes les différences. Pour la paix. Alors il y avait beaucoup de sourires. Et donc de l'espoir. Pour la paix. Monsieur Harper!
Quelques photos :
Les manifestants arrivent au centre-ville.
(Photos j.d., 6/08/06)
par Jacky boy | le 2006-08-07 00:05:11 | PERMALIEN
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SOUS LES FEUILLES D'UN CHÊNE...
L'expérience du BBQ sur le balcon d'en avant, au second, sous les faux-féviers, m'avait convaincu d'une chose : le plein-air fait toute la différence! Car l'enfermement tue. D'ailleurs, Riopelle, Jean-Paul, qui était fort des poumons, l'a déjà dit : le Québec est aussi renfermé que l'Albanie!
Or, le nul épais, le sans dessein impatient, colérique, le désemparé de la casserole, le déprimé stressé de la cuisine que je suis devait ainsi se transfigurer, sortir les deux pieds du plat, prendre le contrôle de l'agenda et se révéler un as de la côtelette juteuse, saisie à point, parfaitement cancérigène, rien n'est parfait chers puristes.
Je dois vous confier qu'il y a chez nous une forte tradition de la pédagogie avancée, moderne, réformiste qui ne fut pas trop endeuillée par la disparition du Frère Un Tel, au sens où ce dernier, je ne le dis pas méchamment, a bien vécu et usé sa soutane jusqu'au pignon rouge orthodoxe de la bonne grosse vieille Presse. On lui devrait le tronc commun des cours de philo au CÉGEP? Eh! bien, ce grand frère aura changé ma vie. Merci aussi à Mgr Parent et à Gérin-Lajoie qui ont bien fait leur commission!
Bref! Je reviens à mes oignons et à la pédagogie appliquée... Un transfert de connaissance était donc envisageable : si, en effet, le plein de pouces de la mitaine calcinée du four s'était converti à l'art culinaire bronzé, braisé ou en cocotte par le simple fait qu'un ciel grand ouvert pouvait transporter à l'infini la fumée des offrandes alimentaires du petit jour, à tout le moins jusque chez le voisin d'à côté, un Africain très timide qui ne sort jamais, pourquoi, madame Blancheville, n'en serait-il pas de même pour la lessive? Hein? Et je ne parle pas ici du lavage des cerveaux : les journaux de la maudite machine accomplissent déjà très bien cette tâche quotidienne sans qu'il soit opportun de s'en mêler.
Non. Je parle de ce domaine qui est très à gogo dans notre foyer, surtout chez ma grande fille, beaucoup trop occupée comme tous les jeunes de son âge. Sa chambre est très typique. Je ne vous la décrirai pas. C'est bouleversant. Que voulez-vous? Le Frère Un Tel ne s'est pas fendu le derrière pour conserver au programme les cours d'économie familiale... La pensée c'est beau, mais l'action dans le small, dans le beautiful, bout de ciarge! Tous cas, il y a belle lurette que les lundis ne servent plus à rien au Québec!
Voilà : le diable à sa patte, j'ai résolu de prendre les taureaux blancs par les raies glissantes de la réalité! Allons, ouste! Dewors les mastodontes, les tordeurs, les reliques chromées de l'american way of live! Allez rejoindre la voix infinie des tondeuses des alentours, la chorale des filtreurs à piscine, les coups d'archet des scies et des ça, les jappeux fatiguants de la ruelle, les litanies de la madame italienne, les chicanes du vieux garçon d'en face avec ses plantes, la radio plate en anglais trop forte de l'autre petite voisine à qui je pardonne tout à cause de ses bikinis...
Cet été, oui mes amis, nous lavons notre linge sale en famille, toutes voiles dehors, dans la cour, près de la piscine qui peut servir, c'est pratique, pour les lavages délicats!
C'est champêtre. C'est plaisant, comme dirait le Frère du lac St-Jean. Ça fait du bien de revenir aux sources. C'est révolutionaire mais c'est tranquille. Au coeur de la ville. Et ma fille plonge dans l'aventure. C'est extraordinaire!
Voyez : j'ai soigneusement planté le décor sous un chêne.
Sous les feuilles d'un chêne, on se sèche et on se cherche... C'est de la philo engagée, ça, mon frère.
Perdrerais-je ma peine? Perdrerais-je mon temps?
par Jacky boy | le 2006-08-05 09:25:25 | PERMALIEN
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PENDANT CE TEMPS, UN DÉPUTÉ CONSERVATEUR PERROQUETTE
Vacances obligent. Je n'ai rien vu, rien su, presque rien lu sinon des récits bucoliques de gens heureux et sans histoire comme celle de ce paisible cultivateur de 55 ans qui a décidé de dételer, de dire adieu à son troupeau de Ayrshire. Retraite oblige. J'imagine la force de cet homme sur sa terre rouge de l'Île du Prince Edouard. La force tranquille, la persévérance, la joie, la misère de ruser, de composer avec la nature. J'imagine la sainte paix sous des ciels bleus à vous avaler le souffle.
Tous les paysans se ressemblent.
(Photo C. Latendresse, Victoria, I.P.E., 1/08/06)
Ce papier gentillet faisait la première page de The Gardian de Charlottetown lundi dernier! Tout de même, une caricature rappelait qu'il n'y a pas de vacances pour la guerre sale à l'acide dite moderne, celle qui tue des familles, des enfants et que le premier ministre de ce pays considère quant à lui «mesurée».
Stephen Harper, cela se voit, n'a jamais lu Aristote, le philosophe du juste milieu...
Où en était le décompte? Je l'ignorais. Mais la caricature de ce journal de province si tranquille, si décrochée, montrait côte-à-côte deux pierres tombales pour signifier les centaines de civils morts indistinctement des deux côtés de la barricade. Barricade qui, la veille, n'existait pas!
Tous les morts se ressemblent. Une pure égalité des chances, peu importe le ciel. Voilà la mesure du monde, M. Harper. Car il faut bien mourir un jour!
Où bien n'était-ce pas plutôt cette autre caricature dans le Daily Gleaner montrant le ministre Peter MacKay avec l'abeille aux faux coudes à coudes du Pentagone, Miss Condoleezza Rice. MacKay demande : Quelle est donc la position canadienne en regard du conflit au Proche-Orient? Et Condoleeza de sortir prestement un mémo de son attaché-case : Voici la position canadienne!
Je n'ai rien lu, mais je savais au retour à Montréal qu'en ramassant mes Devoir empilés depuis huit jours, une seule manchette, un seul drame ferait des taches sur nos consciences. Même en vacances!
Mais il ne semble pas que la magnanime conscience du gouvernement fédéral, si grasse, si politiquement affinée, soit quelque peu remuée après trois semaines de meurtres. Lester B. Pearson a reçu jadis le prix Nobel de la paix, bout de calvaire! Que va-t-on remettre à Stephen Harper pour sa brillante mayonnaise à l'américaine? Quelle médaille faire pendre à son cou suite à ce grand pivotement diplomatique qui, d'un seul coup, déculotte le Canada à la face du monde?
Au boulot, à l'heure de la pause, je fréquente depuis des lunes un petit café libanais. On cause, on blague. Juste avant de partir pour les vacances, on ne blaguait pas du tout. J'avais honte. Je regardais par terre. Mon serveur libanais était bouleversé. Et moi j'avais honte de la position du gouvernement con-servateur. Et j'ai dit, mais à quoi bon : «Tu sais, ce ne sont pas tous les Canadiens qui pensent comme ça.»
Le valeureux député de Beauce, M. Bernier fils, commentait hier soir de Cornwall le sondage du jour indiquant que les Canadiens désapprouvent la position du gouvernement (61 % contre au Québec)! Qu'à cela ne tienne : Bernier fait du porte-à-porte dans son comté et ses électeurs l'aiment, roucoule-t-il. Bien. La position du Canada? «Mais c'est celle du G7», ajoute la colombe aux jarrets noirs. Pas sûr. Faudrait voir. D'abord, il s'agit du G8, non? Dans le G8, il y a la France. Est-ce que la France défend la même position gnochonne adoptée par le Canada?
Les leaders du monde riche en récréation, Russie, juillet 2006
Bernier est un perroquet de Harper. Harper est un perroquet de Bush. Bush est le commis-cracheur de la Haute. L'humble caricature du journal du fin fond des provinces de l'Atlantique visait juste. D'avoir ainsi tout de go pris parti politiquement en faveur d'Israël pour plaire à Washington est une bêtise politique anti-canadienne, mais surtout anti-humaniste.
Cela ne veut pas dire qu'il faille bénir les têtes brûlées du parti de Dieu, l'autre clan. Au contraire. Mais jamais Bernier et consorts, ces apprentis politiciens qui jettent de l'huile sur le feu au lieu d'appeler tout de suite à un CESSEZ-LE-FEU, jamais ils ne réussiront à me faire avaler la politique du tough qui revient à valider, à justifier la violence sous prétexte d'une légitime défense!
La violence est injustifiable sur le plan moral, disait Camus.
Or voilà que nous arrive un rapport indépendant de la Human Rights Watch qui montre noir sur blanc qu'aucune convention internationale ne résiste (notamment la Convention de Genève, article 3) à la riposte des carnassiers, riposte si mesurée, selon notre bon M. Harper.
En clair, après Louise Arbour, haut-commissaire à l'ONU pour les droits de l'Homme, Human Rights Watch parle de crimes de guerre, entre autres dans le village de Srifa :
«(Beyrouth, 3 août 2006) – Les forces israéliennes ont omis systématiquement de faire la distinction entre les combattants et les civils dans leur campagne militaire contre le Hezbollah au Liban, déclare Human Rights Watch dans un rapport publié ce jour. Le type des attaques observées dans plus de 20 cas ayant fait l’objet d’études par des chercheurs de Human Rights Watch au Liban indique que les ratés de l’armée israélienne ne peuvent pas être considérés comme de simples accidents ni être mis sur le compte des mauvaises pratiques du Hezbollah. Dans certains cas, ces attaques constituent de véritables crimes de guerre.»
Que le gouvernement minoritaire de Harper perde des plumes dans l'opinion publique à cause de sa position indignante montre bien que c'est là une raison suffisante et nécessaire pour le défaire à la première occasion venue.
En les circonstances, il est particulièrement dégueulasse qu'un ministre vienne nous dire que le temps fera oublier au cochon de voteur les petits pépins, nuages noirs du moment au-dessus du parti bleu.
S'il n'est pas pris dans une épluchette de blés d'inde dans son cher et beau comté, j'inviterais le valeureux député de Beauce à venir serrer les mains et sonder les coeurs à la manifestation du mouvement pacifiste québécois qui se remet en branle dimanche prochain, au Parc Lafontaine, à 13 heures.
Faut y être! Dignité oblige. Pour dire à ce gouvernement qu'il est bien mal parti et qu'une forte majorité de citoyens souhaite une solution pacifique à ce conflit. L'insensibilité politique des matamores de la droite canadienne ne passera pas la rampe!
(Photo Houssein, manifestation à Montréal le 23/07/06)
par Jacky boy | le 2006-08-04 00:05:20 | PERMALIEN
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JUILLET ET LA PROMESSE DU DOUX ÉTÉ
Je suis à lire John Fante par petits mottons dans le métro. C'est mon feuilleton-gueuleton. Je n'ai pas le temps sinon. À présent un peu plus car je tombe en vacances ce soir! Après Bandini (1938), son premier roman, j'ai enchaîné avec Mon chien Stupide (1985), un de ses derniers écrits publié deux ans après sa mort. Traduit par Brice Matthieussent, cela vaut la peine de le mentionner, et publié en français chez Christian Bourgeois en 1987. Un régal.
Dans l'extrait qui suit l'auteur raconte la fin tragique de son chien Rocco, Rocco n'étant pas le chien Stupide de l'histoire. On goûte ici la manière Fante : écriture précise, images claires, claironnantes même, un ton direct avec juste ce qu'il faut de salé et sucré pour nous surprendre. Je ne sais pas quels furent leurs rapports, mais il me semble que le grand Hemingway aurait pu être jaloux de cette prose vivante qui semble couler de source depuis le Colorado catholique natal jusqu'au fatras de la vie de couple italo-américaine.
«Je me rappelle le jour où Rocco a été assassiné. Cette journée demeure aussi inoubliable que la tragédie elle-même, une journée pour les baleines et les marsouins, pour les voiliers et les canots automobiles, avec un azur si éblouissant que Michel-Ange aurait aimé le peindre, où l'on scrutait la lisière des nuages floconneux à la recherche des chérubins jouant de trompettes dorées. Juillet et la promesse du doux été, la marée basse et mélodieuse, des filles minces et bronzées en bikini, leurs culs comme des miches de pain chaud, les mouettes qui planaient, les bécasseaux au vol rapide, les patients surfeurs perchés, les parasols à rayures colorées, et un bull-terrier blanc au tempérament de feu qui chassait les mouettes en aboyant joyeusement.» (p.138-139).
par Jacky boy | le 2006-07-21 23:58:02 | PERMALIEN
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OYÉ! OYÉ! MONBLOGUE DÉBLOQUE!!!
Deux mois après son interruption, l'édition des commentaires sur le blogue est à nouveau disponible. Misère!
par Jacky boy | le 2006-07-19 12:27:34 | PERMALIEN
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VÉRITÉ ET SUBVERSION
Vérité. Ou rien?
Encore un mot sur la notion de vérité. J'avais noté un jour une citation de Jabès que je souhaitais mettre, tel un caillou brillant, en exergue d'un mémoire de maîtrise en philo, mémoire que je n'ai jamais eu les moyens ni l'énergie de compléter. Devant mon jury toutefois, lors de deux séminaires qui me furent pénibles, j'avais bel et bien annoncé le sujet suivant : La notion de vérité chez John Dewey et Richard Rorty. Ce sujet, je le sais, n'a pas vieilli en regard de l'actualité philosophique. Peut-être y reviendrai-je lorsque j'aurai la tête libre. S'il me reste quelques quartiers de tête.
Pour l'heure, afin de faire jouer un rôle au présent à la citation de Jabès, je ne peux m'empêcher d'y voir comme un clin d'oeil, venu d'une autre tradition, à mon bloggueur de correspondant qui se surnomme Onassis (voir mes liens amis) et qui est, pour le moins, très doué de la plume.
Voici la citation : "Si la vérité existait (...), elle aurait été notre unique adversaire. Heureusement, elle n'existe pas et nous pouvons ainsi inventer des ennemis".
Edmond Jabès, Le petit livre de la subversion hors de soupçon, p.83.

http://images.google.ca/imgres?imgurl=http://mobiloeil.nexenservices.com/T
par Jacky boy | le 2006-07-18 20:47:48 | PERMALIEN
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CELAN OU LA PLAGE DU COEUR
D'abord, un penchant philosophique. Je ne suis pas certain de partager l'idée si répandue selon laquelle la vérité est l'ultime ascension, le point d'orgue, la valeur par excellence de la philosophie. Pas obligé de casser le dos de la métaphysique à coups de marteau pour affirmer cela. Bien que Nietzsche demeure un «hauteur à pratiquer» pour comprendre le tapis mur-à-mur de l'essentialisme dans la culture occidentale et sa soif de vérité immuable, éternelle comme les neiges du Kilimanjaro. Et pourtant! La calotte fond à vue d'oeil au Kilimanjaro et disparaîtra d'ici 15 ans, prédisent les spécialistes...
La vérité, comme fondement, suppose une essence idéale des choses comme l'a fait valoir M. Platon dans le ciel des idées, au sortir de la Caverne... Cet idéalisme, il faut bien le dire, a eu une carrière remarquable. En fait, Platon est sur ce point en filiation avec Héraclite pour qui déjà l'excellence de la pensée consiste à «travailler» pour la vérité, c'est-à-dire percevoir les choses en fonction de leur nature. (Cf. l'ouvrage de Barry Allen, Truth in philosophy, Harvard University Press, 1995).
Quand je suis entré en philo dans un atelier donné par Georges Leroux sur le concept de méthode et d'écriture en philosophie, c'est exactement le même message qui était adressé aux étudiants : il faut travailler pour la vérité.
Il y a aussi Tarksi, le mathématicien (The semantic conception of truth and the fondations of semantics http://www.ditext.com/tarski/tarski.html) qui pose sa théorie de la vérité comme une espèce de filet présupposant que la vérité est en correspondance avec le réel.
Après Nietzsche, Heidegger critique cependant la conception d'une essence de la vérité dans sa correspondance à la réalité (Allen, p 3).
Tout cela est dit bien rapidement, je le sais. Mais j'arrive à mon point principal. J'aime bien la formule simple de Georges A. Legault (éthicien)selon laquelle l'éthique, le dialogue, la co-construction du sens se trouvent davantage à l'enseigne du «raisonnable» plutôt que sous les catégories de la raison pure. Le raisonnable ne se définit non pas a priori par une essence donnée. Il est ce que l'on convient pour le mieux dans les cirsconstances données.
Le courant du pragmatisme arrive à la même conclusion (Peirce, James, Dewey, Rorty...). On trouvera aussi chez Foucault (coupure épistémologique, comment penser autrement?), chez Popper (faillibilisme), dans le constructivisme, etc., un peu de cette intuition de base.
Je crois aussi qu'à la base on retrouve une idée de Hume en réaction à Descartes et qui a trait à l'expérience commune, à nos systèmes de croyances naturelles qui suffisent à l'expérience. (Cf. Simon Blackburn, Penser, Flammarion, 1999, pages 56-57).
En ce sens la vérité, si banalement encarcanée dans le relativisme ambiant (à chacun sa vérité) ou dans la rigidité conceptuelle coupée de l'existence et de l'action, ne nous est pas nécessaire.
Il en va peut-être autrement, toutefois, si quelqu'un se trouve, je dirais, à l'extrême limite de l'émotion et du sursaut moral, là où la dignité devient littéralement un cri absolu. Peut-être alors que la vérité est un devoir, un engagement, une promesse à soi-même qui nous fait rester debout au lieu de sombrer, même si l'analyse de nos représentations pourrait à nouveau nuancer les mots pour le dire et nous faire préférer le partage du sensible (Rancière), la voie du raisonnable.
À la réflexion, en effet, ce qu'on appelle ici le «fragment de vérité» est peut-être davantage animé par le devoir, l'obligation d'interpréter justement le monde, ce qu'on voit de l'urgence du monde. Interpréter justement au sens de l'acteur, du musicien, pourquoi pas aussi au sens de l'écrivain, du poète déterminé à briser le silence?
À tout hasard, je trouve dans l'extrait qui va suivre une passerelle vers le poète au ciel brûlé, celui qui porte sur ses épaules d'écrivain rompu la croix du XXe siècle, l'atrocité... Je parle de Paul Celan qui a témoigné, qui a cherché à atteindre sinon la vérité ténue et fragile, du moins, viscéralement, «la plage du coeur». Cela procède non pas d'une morale du sentiment, encore moins du ressentiment puisqu'il s'agit de rejoindre l'autre.
Alors, reste un peu de la poésie dans le langage troué des hommes, éclat de lumière, petit zèbre infirme pour lire le monde, la dernière heure, quelques lettres tracées dans la cendre. Et dans notre mémoire. Pourvu que notre corps ne soit pas déshabité. Que notre pensée ne soit pas prise au dépourvu dans cet enfer moderne que chante Jean Ferrat.

«Le fragment de vérité ainsi atteint demeure cependant bien fragile et précaire, à la fois précieux et aléatoire comme « un message dans une bouteille » - une image empruntée (...) à Mandelstam - jetée à la mer dans l'espoir qu'elle puisse un jour rencontrer une plage, peut-être, ajoute-t-il, " la plage du coeur" (...)
Ce message n'est pas sûr de trouver un destinataire, de même que l'histoire dont il témoigne, couverte de sang, a perdu ses certitudes d'antan. Les brisures enregistrées par la poésie "qui questionne l'heure, la sienne propre et celle du monde", selon l'expression qu'il employa dans la postface à un recueil de ses traductions de Mandelstam, congédient définitivement le happy ending de l'histoire positiviste, perchée en droite ligne vers le progrès. Mais en dépit de son extrême fragilité, ce message est universel. Pour saisir cette lettre enfermée dans une bouteille, il faut beaucoup d'attention, il faut guetter les vagues qui se brisent contre les rochers et s'essoufflent dans la plage avec une attention qui, écrira plus tard Celan en citant un essai de Benjamin sur Kafka, est "la prière naturelle de l'âme".»
par Jacky boy | le 2006-07-06 23:51:57 | PERMALIEN
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TORTUE MONBLOGUE QUI TUE
L'éloge de La lenteur chez Kandera, ça va. La lenteur, une fois de plus, ou plutôt par dessus le marché, chez Monblogue, supplice chinois, je n'en ferai pas l'éloge! Que les visiteurs qui se sont rendus jusqu'ici soient félicités!
par Jacky boy | le 2006-07-02 09:48:02 | PERMALIEN
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LA RÉVOLTE ET LES SONGES
Ainsi la boucle de la révolte et des songes ne se réduit pas à un coup de trompette sous le titre en cendre d'un journal jeté en après-midi dans les poubelles de jadis. Jadis rapetissé comme une infirmité. Aujourd'hui, dépaysé, démesuré, sans histoire ni poubelles ne peut pas prétendre être seulement l'infirmerie où l'on coupe les têtes à la télé.
Il y a longtemps, mais c'est encore vif, j'ai lu le récit d'un jeune Français se trouvant en exil à New York en 1942 pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il y fait la rencontre d'André Breton et cela le bouleverse car il réalise que sa révolte spontanée, son effronterie n'est pas seule au monde. Il est porté par un coeur parfois splendidement odieux. Un poète chaussant les semelles de vent du XXe siècle.
J'ai adoré ce petit bouquin lu à 17 ans. Je l'ai lu d'un trait alors que je séchais un cours au collège. Ces lignes m'ont donné le goût de l'aventure surréaliste. Je m'y reconnaissais. Julien Gracq n'a-t-il pas dit que «le surréalisme est à la portée de tous les inconscients»? Du moins, il me semblait connaître d'emblée quelques bribes d'une langue sous jacente aux yeux de fougères. Que je voulais baraguiner.
J'avais le même âge que le narrateur dont le nom m'a longtemps échappé. Le WEB aide à retrouver ses amis! Il s'agit de Charles Duits, qui s'écrit comme un Puits. Qui publie encore de nos jours.
J'ai donné le livre à mon ami Gurrie, décédé depuis. Le titre, chez Denoël est : André Breton a-t-il dit passe.

Avec mes grands trous d'ignorance, je viens de saisir que cette énigmatique formule se trouve à conclure un poème magnifique de Breton, très connu sans doute par ailleurs, qui date, sauf erreur, de 1919. Il s'agit de Tournesol que voici en entier.
Tournesol
La voyageuse qui traverse les Halles à la tombée de l'été
Marchait sur la pointe des pieds
Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux
Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels
Que seule a respiré la marraine de Dieu
Les torpeurs se déployaient comme la buée
Au Chien qui fume
Où venaient d'entrer le pour et le contre
La jeune femme ne pouvait être vue d'eux que mal et de biais
Avais-je affaire à l'ambassadrice du salpêtre
Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée
Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers
La dame sans ombre s'agenouilla sur le Pont-au-Change
Rue Git-le-Cœur les timbres n'étaient plus les mêmes
Les promesses de nuits étaient enfin tenues
Les pigeons voyageurs les baisers de secours
Se joignaient aux seins de la belle inconnue
Dardés sous le crêpe des significations parfaites
Une ferme prospérait en plein Paris
Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée
Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants
Des survenants qu'on sait plus dévoués que les revenants
Les uns comme cette femme ont l'air de nager
Et dans l'amour il entre un peu de leur substance
Elle les intériorise
Je ne suis le jouet d'aucune puissance sensorielle
Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendres
Un soir près de la statue d'Etienne Marcel
M'a jeté un coup d'œil d'intelligence
André Breton a-t-il dit passe
André Breton
par Jacky boy | le 2006-06-29 13:41:09 | PERMALIEN
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JOSÉE VERNER : DE LA NATION À LA MARCHANDISE
Madame la ministre,
À L'occasion de la Fête nationale, alors que partout au Québec des milliers de personnes célèbrent leur identité et se rejoignent par la chanson, peu importe leurs convictions politiques, vous, vous estimez que la question de la nation québécoise est périmée et n'intéresse pas les citoyens éveillés de la circonscription de Louis-St-Laurent. Vos commettants, dites-vous, seraient plus préoccupés par la «livraison de la marchandise»! Marchandise?
Comme ça, les Québécois qui vous ont élu ne comprennent guère ce qui a pu pousser les Écossais à se faire reconnaître comme nation distincte par toutes les institutions politiques anglaises, y compris Sa Majesté? Puis, les Catalans? Une grosse manchette et puis c'est tout. Selon vos dires, on perd notre temps. Le temps, c'est de l'argent et donc plus de marchandise à se mettre sous la dent.
En une circonvolution pour épater la galerie et passer à côté de l'histoire, M. Harper dit, pour sa part, qu'il reconnaît que l'Assemblée Nationale à solennellement déclaré que le Québec formait une nation. Et pis so what?
L'égalité politique de feu Daniel Johnson, c'est de la garnotte, n'est-ce pas? De la passion inutile. L'affirmation historique du Chevalier François-Marie-Thomas De Lorimier, qu'est-ce que c'est ça dont? Une rue? Le combat politique de René Lévesque qui visait la liberté des peuples et des nations du Québec, de la petite bière chaude à côté de la vraie marchandise super de luxe, n'est-ce pas? Et donc, ce qui préoccupe les électeurs de votre circonscription, ce serait ce qui compte vraiment. Qu'est-ce qui compte au Canada, à part vous et l'argent? Ce qui compte, c'est l'unité, tout le monde sait cela. Le «One nation, one country». Car on y livre la marchandise autant que les pizzas en autant que tout soit uniforme et conforme.
Sans marchandage, serait-ce trop demander, madame la ministre, que ce pays reconnaisse noir sur blanc, nous sommes en 2006 n'est-ce pas, l'égalité des peuples et des nations du Canada? Question de nationalisme au cube, me direz-vous.
Bien, si cela est une question oiseuse, que ce n'est même pas une question à l'ordre du jour, comment cela se fait-il qu'à tous les jours les gens en parlent? Y compris vous-même. Est-ce parce qu'on a les politiciens que l'on mérite? Faudrait en parler aux électeurs de Louis-St-Laurent!
Au demeurant, la question n'est pas tant de savoir si le peuple québécois va tenir un référendum ou non, avec conditions gagnantes ou pas, sur l'indépendance, l'autonomie, l'association, le patin libre, peu importe le courant et les coureurs... La question est : pourquoi sommes-nous dans une logique référendaire lancinante mais persistante depuis des décennies? Pourquoi minimiser la réalité, noyer le poisson avec toutes ces petites questions posées dans un écho distordant à la Chambre des Communes depuis au moins 60 ans?
Mon sentiment est qu' un virage politique majeur est en train de se négocier. Et ce virage, à long terme, a peu de chance d'être conservateur! Regardez bien les Québécois aller! Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, le peuple québécois est maître et pour toujours de son destin, comme le disait Robert Bourrassa, votre ancien patron...
Depuis 25 ans, les Québécois - et même quelques-uns de vos électeurs qui votent encore à Québec à ce que je sache -, refusent, tous partis confondus, de reconnaître la Constitution de 1982. Ils sont fatiguants ces rapaillés de la politique après le faux beau risque, Meech, Charlottetown et tutti quanti! Et pourquoi donc, selon vous? Dites-moi pas que c'est à cause d'un sujet qui n'intéresse personne!
Michel Chartrand a déjà dit : le nationalisme, c'est comme la libido, on ne peut pas s'en passer. J'ajouterais pour ma part : libido et forte attirance vers l'espoir fou, oui fou, quand la nation porte le sens de progrès social, d'avancée démocratique, de bien commun, de partage, d'accueil, de liberté, de responsabilité, de dialogue avec le monde, d'amitié, de joie de vivre sa personnalité profonde.
Au cœur même du Gibraltar d'Amérique occupé par le Royal 22e Régiment, bataillon québécois (dans lequel j'ai déjà «drillé» avec mon ami James), où l'on découvre accroché au mur, près du Mess des officiers, le tout premier exemplaire du Fleur-de-lysé qui fut déposé à Québec, j'essais de capter l'écho, le sens véritable de votre déclaration de la St-Jean. Peut-être que votre voix pointait vers le Canada anglais? Peut-être vouliez-vous bien paraître aux yeux du premier ministre? C'est bien en français que vous vous exprimiez? Peut-être avez-vous tourné sept fois la langue et que le naturel est revenu en galopant. Au fait, langue et nation, est-ce sur le même tas de fumier? En tous les cas, excusez ma franchise, madame la ministre de la Francophonie, mais je crois que vous avez servi au public québécois une niaiserie politique remarquable. Mais comme le notait Boris Vian, «dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante». Alors je suis de votre bord et je vous encourage à persister dans la même voie.
Vive la marchandise! Vive les électeurs émerveillés de Louis-St-Laurent! Vive le fleuve St-Laurent libre! Vive Kyoto!
par Jacky boy | le 2006-06-24 01:33:38 | PERMALIEN
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NATION CATALAGNE : LE POINT DE VUE D'UN OCCITANISTE NON NATIONALISTE
Bonjour,
Et merci pour cette réflexion sur la Catalogne (qui n'est pas chez nous une couverture).
En effet, dimanche les Catalans voteront, sans grand enthousiasme semble-t-il, un texte qui les reconnaîtra en tant que nation, qui officialisera définitivement le bilinguisme en rendant obligatoire la connaissance et l'usage de la langue catalane, et surtout qui donnera au pouvoir catalan maîtrise de la fiscalité.
Le vieux centrisme droitier catalan est pour. Dans ses différentes composantes, la gauche est pour. Mais, paradoxalement, à première vue, les républicains voteront contre, alors que ce projet s'inscrit dans ce qu'ils demandent depuis des années. Mais ils estiment qu'il ne va pas assez loin.
Ils rejoignent dans le NON le parti populaire (droite nationaliste espagnole d'Aznar), qui eux évidemment estiment que ce projet est inacceptable car il fait éclater l'Espagne.
Mon point de vue ? Il m'est personnel et sans doute bien schématique. Mais voici, en quelques lignes.
En tant qu'intervenant culturel occitaniste, je relève que le projet reconnaît "le droit national" des habitants du Val d'Aran, vallée frontalière avec la France, à utiliser la langue occitane. Et les républicains estiment que le projet ne va pas assez loin en ne reconnaissant pas plus clairement l'existence d'une nation occitane.
Détail menu, certes, mais révélateur. Sur les quelques dizaines de millions d'habitants des régions de France où l'occitan est ou fut parlé, une poignée seulement reven-diquent la reconnaissance d'une nation occitane. Et il y a fort à parier qu'en Val d'Aran, l'attachement légitime des quelques milliers d'habitants à leur parler occitan ne se prolonge pas d'une revendication nationaliste. En fait, on est là dans dans une opération qui me paraît très dangereuse : une langue = une nation, même si les locuteurs de cette langue ne formulent pas la revendication.
La revendication est formulée en Catalogne. ce qui n'au-torise en rien les Catalans à la formuler pour des gens qui ne la revendiquent pas. On peut défendre une langue sans vouloir créer une nation...
Et cette opération, qui se veut essentiellement au service de la cause catalane, occulte ce qui à mon avis est l'essentiel. À savoir que si le nationalisme catalan s'est bien sûr cristallisé autour d'une langue, il a puisé toute sa vigueur dans la réalité historique d'une région où la bourgeoisie, très vite devenue bourgeoisie industrielle, après une adhésion sans chaleur à l'état espagnol, tant que celui-ci lui offrait des perspectives d'exploitations coloniales (brisées dans la seconde moitié du XIXe),est devenue adversaire de cet état archaïque, inefficace, qui entravait le développement capitaliste. Et, au tournant du XIXe et du XXe, dans la très dure lutte de classe menée entre cette bourgeoisie et le prolétariat de Catalogne, les uns et les autres, violemment opposés, ont trouvé dans la lutte contre cet état espagnol et dans la promotion du catalan un terrain de rencontre, qui n'impliquait pas le moins du monde unanimisme.
On parle catalan dans ce qui est aujourd'hui la région autonome de Valence, plus au Sud, comme on parle catalan aux Baléares, mais les conditions socio-économiques de ces régions étant tout autres, la revendication autonomiste ne s'y est pas affirmée, et la revendication linguistique en est restée à une renaissance littéraire plus ou moins passéiste, doublée d'un unanimisme rêvé, comme dans notre Provence félibréenne : tous Provençaux, tous locuteurs du provençal, donc tous frères....
La terrible répression franquiste a soudé bien des courants du catalanisme, mais ne doit pas faire oublier qu'une partie du catalanisme bourgeois, épouvantée par la poussée "rouge" de 1931-1939, a préféré Franco au Frente popular... Il reste que la persécution du catalan sous Franco en a fait une langue martyre, qui s'est d'autant plus redressée après 1976 qu'elle avait été persécutée. Mais ce redressement s'est grandement fait sous la houlette d'un centrisme droitier lié aux milieux d'affaires, aux décideurs, dont l'objectif pro-clamé a toujours été que la nation catalane soit maîtresse de ses richesses et des conditions de son développement. Avec le risque évident de voir naître en Espagne ce qui germe ou s'affirme dans d'autres pays européens : le séparatisme des régions riches décidées à ne pas partager avec les régions pauvres. Et ceci doublé d'un européanisme très clairement axé sur la fin des états-nations et leur remplacement par des entités "ethnico-linguistiques".
Je ne sais pas ce qu'a pu théoriser le PC du Québec sur la cause nationale. La gauche catalane, en tout cas, ne répond pas clairement sur l'avancée sociale que pourrait porter une affirmation de la Catalogne en nation, et le centre droitier catalaniste y voit lui clairement la possibilité d'une politique encore plus "libérale", plus propice aux intérêts des possédants.
Pour autant, la sincérité du nationalisme, ou du patriotisme, comme vous voudrez, des uns et des autres, n'est pas en cause. Et les plus âgés l'ont payé souvent d'années de prison.
Reste à savoir ce que donnera dans la jeunesse, obliga-toirement bilingue,cette entreprise menée par en haut. La langue catalane pour elle n'a plus le statut du martyre et le parfum de la liberté. Elle est celle d'une "normalité" souvent close sur un nationalisme proclamatoire et moralisant, alors que la langue espagnole ouvre à la fois les horizons stimulants d'autres continents et les portes tentatrices de la standardisation consumériste internationale.
Cordialement,
R.Merle
par Jacky boy | le 2006-06-17 08:19:44 | PERMALIEN
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RÊVER LA LIBERTÉ À BARCELONE
À mon arrivée le matin, j'ai l'habitude d'étendre de tout son long Le Devoir sur la large filière couleur crème qui est à cinq pieds de mon bureau, au milieu de la place où circulent les employés. Il arrive que des collègues s'arrêtent pour le feuilleter. Et me parler. Aujourd'hui, Geneviève, ingénieure, me demande s'il y a quelque chose à propos de la Catalogne.
- Ah!, que je réponds, tu sais bien que là-bas, chacun tire sur sa couverte.
Elle l'a bien rit. (Je ne sais si chez vous, catalogne a le sens de couverture piquée à la main sur un métier. J'ai vu ma mère le faire une fois. Ça lui prenait tout l'espace du salon et un temps qui m'a semblé une éternité.)
Je ne connais rien des Catalans. Il y a bien eu cette charmante fille aux cheveux foncés qui parlait très vite et qui bossait comme une malade à servir et gérer un Van Houtte (comptoir à café) au Complexe Guy-Favreau - que nous avons traversé ensemble, cher J.-P. Je lui avais demandé de m'aider à prononcer et orthographier le mot TIRANÍA pour un texte sur la dictature au Chili. Pendant longtemps, elle a par la suite vérifié si j'accentuais au bon endroit la TIRAN Í A! C'était notre bonjour de connivence.
Il s'agissait d'un mot espagnol et non pas catalan, bien sûr. Les Catalans sont bilingues. Six millions, comme nous. Bilingues. Leur histoire distinctive récente passe par le cauchemard du franquisme, période noire où fut interdit la langue.
La langue est aujourd'hui plus vivante que jamais. Ce qui démontre une fois de plus que la langue est beaucoup plus qu'on moyen de communication : c'est une identité, une forme de vie que l'on défend comme on défend sa peau.
Les Catalans connaissent beaucoup plus le Québec que nous les connaissons. À mon étonnement, j'apprends qu'ils nous considèrent comme un modèle de développement. Ils ont calqué notre politique de la langue (affichage, intégration des immigrants) et l'organisation de la police.
Si je comprends bien l'enjeu de leur présente campagne référendaire, les Catalans, qui pensent aussi Europe, seront reconnus comme nation si le oui l'emporte.
Alors, politiquement parlant, ce seront eux qui seront en avance sur nous, quoi qu'en disent les indépendantistes catalans et possiblement québécois.
Il est quand même intéressant de suivre la trajectoire des petites nations. René Lévesque y a puisé plusieurs de ses enthousiasmes. Mais c'est le poussiéreux parti communiste du Québec qui m'a permis de réfléchir à la signification de l'égalité des peuples et des nations.
Bonne fin de journée.
par Jacky boy | le 2006-06-15 22:54:28 | PERMALIEN
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ILS EN FUMENT DU BON!
James, un ami, un frère de longue date, philosophe, violonniste, ainsi que Charles, son partner et frérot ne passent pas une saison sans que les gazettes ne parlent d'eux. Une très belle page leur est consacrée dans l'Actualité du 1er juillet sous la plume de Véronique Robert. En parcourant cet article, on peut humer toutes voiles dehors ces excellentes nouvelles qui nous parviennent de la Haute-Gaspésie. Au risque de devoir saliver jusqu'aux Délices de la mer (Marché Jean-Talon) pour les Montréalais ou encore à La Maison du Rôti sur Mont-Royal, pour le gratin du Plateau, où l'on trouve les produits Atkins...
James à Mexico à l'aut. 2004
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Ils en fument du bon!
À force de persévérance, les frères Atkins ont réussi à placer leurs poissons fumés sur les meilleures tables du Québec. Pour le plus grand plaisir des fins gourmets!
Un soir, Charles Atkins est tombé le nez dans son assiette, évanoui d'épuisement, dans un restaurant de Montréal. C'était quelques années après l'ouverture de son fumoir de poisson, fondé avec son frère, James. Depuis une semaine, il tentait de convaincre des restaurateurs sceptiques des vertus de son saumon fumé à l'ancienne, selon la plus pure tradition gaspésienne. Si le surmenage devait aujourd'hui lui faire perdre conscience, ce serait parce que les frères Atkins peinent à répondre à la demande.
Le chiffre d'affaires de leur entreprise de Mont-Louis, petit village de la Gaspésie, a bondi de 6 700 dollars, en 1993, à 1,8 million, en 2005! Leur saumon fumé a inspiré plusieurs envolées lyriques et recettes à Daniel Pinard, séduit les grands chefs, d'Anne Desjardins à Philippe Mollé en passant par Jean Soulard, du Château Frontenac, et conquis les propriétaires d'épiceries fines partout au Québec.
Même si le saumon représente plus de 50% de son marché, James Atkins parle plutôt de "produits marins". "La variété est notre marque distinctive", insiste le DG d'Atkins et Frères. En effet, les Atkins fument à peu près tout ce qui bouge dans la mer et le fleuve: truite, moules, crevettes, esturgeon, maquereau (un délice, préparé au poivre citronné ou à la cajun). Ils sont les seuls à fumer des pétoncles, à préparer un confit de calmar fumé, véritable péché mortel... En plus du fumage à chaud, méthode gaspésienne traditionnelle, ils font le fumage à froid.
L'explosion de leur chiffre d'affaires résulte aussi de leur souci de la qualité. "Nous sommes intraitables", dit le président, Charles Atkins, qui s'occupe de la production et des achats. "À notre connaissance, nous sommes les seuls au Québec à ne fumer que des produits frais, qui n'ont pas été surgelés. D'où leur couleur et leur texture."
Ce n'est pas Serge Lauriot qui le contredira. Lauréat de plusieurs prix de gastronomie, le chef et propriétaire du restaurant Fleur de Lys, à Cap-Chat, est un client fidèle. "On est loin du boucanage qui asphyxie le goût, dit-il. Je retrouve dans leurs produits la finesse des poissons fumés de Scandinavie."
Un signe distinctif attribuable, notamment, à des fumoirs haut de gamme importés d'Angleterre. "Au lieu de circuler à la verticale, comme dans la plupart des fumoirs industriels, explique Charles Atkins, la fumée se déplace latéralement. Ainsi, le risque d'une exposition trop longue à une fumée trop dense est minimisé, et cette méthode fait ressortir deux composants de la fumée qui confèrent au poisson la couleur et le goût recherchés." Le recours exclusif au bois d'érable ajoute un arôme légèrement sucré. Bien entendu, la fumaison préserve dans le poisson les précieux acides gras oméga-3.
C'est une tradition familiale des plaisirs de la table qui est à l'origine de l'entreprise Atkins, dont l'histoire a des tentacules... jusqu'en Colombie-Britannique! C'est là que les frères Atkins, des aventuriers dans l'âme nés à Granby, aboutissent à la fin des années 1970, charmés par la juxtaposition de la mer et des montagnes et par la possibilité de survivre comme travailleurs autonomes: récolteurs de palourdes ou fabricants de bardeaux de cèdre... "Nous avons vécu la contre-culture", résume James, à qui des études de philosophie avaient laissé un goût de liberté. "Vu que j'ai pris ma retraite de 18 à 35 ans, je me sens prêt, à 54 ans, à abattre du boulot!"
Les deux frères se complètent bien. Outre la philosophie, James a étudié la linguistique. Raffiné, parlant un français châtié, il s'occupe de la gestion et du développement de l'entreprise; il porte le complet-cravate. Charles, 46 ans, cheveux au vent, capable de vendre du marsouin fumé aux Esquimaux, a des talents d'humoriste qui se sont peut-être épanouis lorsqu'il a travaillé comme accessoiriste pour le théâtre La Grosse Valise, en 1986.
Les deux frères ont aussi en commun d'avoir oeuvré, à leur retour de la Colombie-Britannique, au sein d'un organisme montréalais qui vient en aide aux sans-abri. "Après cet épisode dur pour le moral, dit James, nous avons eu la nostalgie du travail dans la nature, de la mer et de la montagne. La Gaspésie était une destination toute désignée."
Ils ont un coup de coeur pour une terre dominée par une demeure ancestrale à L'Anse-Pleureuse, à mi-chemin de Matane et de Gaspé. Ils comptent y vivre de la pêche l'été et de la vente de bois l'hiver. Mais les stocks de morue s'effondrent, le prix du bois aussi.
Entre-temps, comme bien des Gaspésiens, ils ont installé un fumoir artisanal derrière la maison. Lorsqu'il entend parler d'un cours d'initiation à l'entrepreneuriat au cégep de Matane, James saisit l'occasion, rêvant d'une - modeste - entreprise de fumaison. "La gestion et la comptabilité m'horripilaient, mais les mettre au service d'un projet personnel a stimulé ma fibre d'entrepreneur."
Sans le sou et sans expérience, les deux frères trouvent une oreille sympathique auprès de la Société d'aide au développement des collectivités, du Centre local de développement et du bureau gaspésien du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. On leur consent un prêt. "Le Centre technologique des produits aquatiques de Gaspé a assuré, sans rien sacrifier des caractéristiques d'un produit artisanal, le "transfert de technologie"", explique James Atkins. L'expression est faible: le fumoir de leur arrière-cour se composait d'un poêle de camping et d'un ventilateur de salle de bains accrochés aux vestiges d'un réfrigérateur...
En 1996, les frères Atkins s'installent dans l'ancien magasin général de Mont-Louis, près de L'Anse-Pleureuse, où était le fumoir jusque-là. "Nous avons donné libre cours à notre créativité et mis au point nos propres recettes", raconte le DG épicurien avec un bonheur manifeste.
Il se félicite d'avoir fait confiance à des jeunes - la plupart sans grande expérience, mais bien formés -, à qui il délègue volontiers. Les deux frères sont particulièrement heureux d'avoir ramené des jeunes dans la région. "Nous employons des couples, qui ont fondé des familles!" se réjouit Charles. Atkins et Frères, qui compte 19 employés, dont 16 à temps plein, est la seule entreprise industrielle active toute l'année à Mont-Louis. "Chez nous, les employés ont une assurance collective et personne ne travaille au salaire minimum, une rareté dans le secteur de la transformation du poisson", ajoute le président.
Le manque d'espace est le problème le plus sérieux auquel doivent faire face les frères Atkins, d'autant qu'ils commencent à lorgner les marchés à l'extérieur du Québec. Que 75 tonnes métriques de produits fumés sortent chaque année de locaux de moins de 90 m2 tient déjà du miracle. Ils envisagent donc de transférer une partie de la production à L'Anse-Pleureuse, tout en conservant le bâtiment de Mont-Louis, qui abrite les fumoirs, les bureaux et un comptoir de vente.
Quitter la Gaspésie? Jamais, jure James, qui a inventé un mot pour qualifier le lien unissant sa famille à ce coin de pays. "Nous sommes "inarrachables". Nous avons adopté ce pays, et ce pays nous a adoptés."
Véronique Robert, L'Actualité, Vol. 31, No. 11, 1 juillet 2006, p. 21
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Voir aussi les archives de l'émission L'épicerie de Radio-Canada qui consacrait un reportage au phénomène :
http://www.radio-canada.ca/actualite/lepicerie/docArchives/2003/08/19/reportage2.shtml
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Mieux encore, si vous passez par ce pays, via la 132, attention à la police de Trois-Pistoles! Mais dépassé Cap-Chat et les éoliennes, il faut arrêter à Mont-Louis :
Atkins et Frères enr. 1, rue Chanoine-Richard Mont-Louis, Gaspésie (Québec) G0E 1T0 Tél. : (418) 797-5059 Courriel
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Enfin, comme ce blogue a la réputation d'être quelque peu salmigondis, je ne résiste pas à l'idée de conclure avec une image de la Gaspésie profonde réinventée, une ardente lueur matinale que j'emprunte au peintre Paul Drouin :
Lueur matinale
http://pages.globetrotter.net/f.mimo/index.html
par Jacky boy | le 2006-06-13 21:57:18 | PERMALIEN
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ORFORD : LIBÉREZ-NOUS DES LIBÉRAUX!!!
Madame Marie-France Dubuisson,
Attachée politique,
Bureau du premier ministre
Madame,
En mon nom personnel, pourriez-vous demander au premier ministre, monsieur Jean Charest, de commenter les allégations parues dans The Globe and Mail,en date du 9 juin 2006, sous le titre suivant :
Charest supporter could benefit in park deal
Fundraiser bought shares in firm seeking to develop ski hill after Premier's win
QUEBEC -- Developers close to Premier Jean Charest stand to make millions of dollars from the controversial privatization of a ski hill in Mount Orford National Park, according to documents obtained by The Globe and Mail. (...)
J'aimerais de plus connaître son sentiment suite aux travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 23 où il fut clairement démontré que les acteurs de la région de l'Estrie sont tous contre le projet de privatisation à l'exception, bien sûr, des comparses Gobeil, L'Espérance et Boulay.
Je vous remercie de votre attention.
Jacky Boy

Paul Gobeil, que l'on voit ici, est le boss de Mont-Orford Inc. C'est un wise man. Mais ô mon Dieu, il n'est plus en contact avec Jean Charest depuis des lunes.
par Jacky boy | le 2006-06-10 10:20:43 | PERMALIEN
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MONBLOGUE, MONBLOGUE MON OEIL!
J'ai écrit au moins dix fois depuis un mois. Aucune réponse, aucun signe de vie. J'ai vu des amis bloggeurs sacrer leur camp. Est-ce cela que souhaite Branchez-vous? Avoir moins d'abonnés?
On aurait pu au moins s'excuser pour les commentaires scrapés on ne sait pas pourquoi!
Et à quand l'archivage des textes publiés en 2006???
UN BLOGUE SANS COMMENTAIRES, C'EST COMME UNE MAISON SANS ÉLECTRICITÉ.
En tous les cas, ce n'est pas un blogue. Combien de visiteurs venus ici, venus chez vous, écrivant en pure perte des messages impubliables? Une telle atteinte au dialogue me fend le derrière!
Voilà, c'est dit. Espérant que le communauté des blogueurs de Monblogue fasse bloc!
Jacky Boy
par Jacky boy | le 2006-06-09 11:09:55 | PERMALIEN
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LE SURRÉALISME N'EST PAS MORT, IL SE MORD DE RIRE
«Le surréalisme, et l'œuvre de Breton en particulier, nous a appris l'importance de la révolte au nom d'une création artistique qui serait son expression. Il nous a appris aussi que l'œuvre ne se résumait pas au livre et au poème, mais que l'existence dans son intégralité y jouait un rôle essentiel, existence englobant des rencontres, des hasards, des configurations nouvelles.»
Dominique Hasselmann, photographe.
par Jacky boy | le 2006-06-08 22:33:41 | PERMALIEN
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ORFORD : ÉNIÈME LETTRE AU BUREAU DE JEAN CHAREST
Selon le député libéral de La Prairie, M. Yves Leduc, le gouvernement nous prépare un beau cadeau d'ici l'ajournement des travaux de l'Assemblée Nationale le 23 juin, juste à temps pour la St-Jean, soit l'adoption du projet de loi 23 sur la privatisation du Parc du Mont-Orford.
Nice shot, mon Claude! J't'oublierai pas!
J'ai répondu aujourd'hui à un courriel qui m'a été envoyé plus tôt par le bureau du premier ministre suite à des courriels de protestation acheminés de concert avec la coalition SOS-Orford. Je le reproduis ici.
Même si la manif à Québec samedi, le 3 juin, fut un échec (prévisible), l'opposition à ce projet demeure élevée. De nouvelles voix se joignent aux opposants comme celle de madame Phyllis Lambert.
À quand un engagement ferme d'André Boisclair (il atterrira dans mon comté de Pointe-aux-Trembles à l'automne) pour rendre nul et non avenue ce projet s'il est adopté?
***
Madame Marie-France Dubuisson Attachée politique
Bureau du premier ministre Jean Charest
Madame,
Je vous remercie des documents que vous m'avez fait suivre.
Un mot sur l'énoncé pivot qui semble soutenir le projet de loi à la base de la privatisation d'une partie du parc Orford :
«Afin de rendre le parc du Mont-Orford conforme à la Loi sur les parcs, le gouvernement a décidé de modifier les limites du parc. Il exclura les terrains du centre de ski et le terrain de golf, représentant 599 hectares, présentement sous bail, afin de les vendre par appel d’offres public.»
Ceci procède d'un sophisme de la plus pure espèce. Il se trouve même des députés et militants libéraux pour le dire et pour s'opposer farouchement à ce que ce bien public soit privatisé.
Hier encore, madame Phyllis Lambert enjoignait publiquement le premier ministre Charest à tenir compte de tous les arguments en jeu dans ce dossier.
ll reste, en effet, que 80% de la population québécoise est contre ce projet. Croyez-vous que c'est parce que les opposants n'ont pas lu votre documentation? Qu'ils se font berner par les «écologistes alarmistes» comme le claironne démagogiquement le président de la Chambre de Commerce de Magog?
Ne faudrait-il pas faire comme les éthiciens et poser d'entrée de jeu la question initiale : de quoi parle-t'on?
Or, sous prétexte de corriger une soi-disant anomalie, le gouvernement glisse dans son argumentaire et il est en train de marquer au fer rouge toute une région - j'y suis né et j'y ai toujours une propriété - qui n'a surtout pas besoin de la courte vue, de l'improvisation politique, de l'arrogance sans nom et de la fermeture au dialogue dont a fait preuve en particulier le ministre Béchard et ce, dès le lendemain de sa nomination comme remplaçant du récalcitrant Thomas Mulclair.
Je ne peux que vous redire ce que des milliers de citoyens ont exprimé : le projet de vente de terrain est ficelé pour des intérêts particuliers. Il doit être retiré sans condition dans l'intérêt du public.
Mais où est donc l'urgence dans ce dossier? Sinon l'urgence des promoteurs et les retombées politiques partisanes des forts amis libéraux de la belle ville de Magog? Le député de Brome-Missisquoi le répète lui-même : où est l'urgence?
Je suis un citoyen indigné par la manière dont les affaires de l'État sont conduites dans ce dossier. La commission parlementaire présidée par le ministre Béchard a démontré la certitude que personne n'appuyait son projet. Pourtant, où est le dialogue? C'est d'une tristesse infinie.
Vous remerciant de votre attention.
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Ce qui ne sera plus tout à fait nôtre :
par Jacky boy | le 2006-06-07 22:13:05 | PERMALIEN
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POUR L'AMOUR DU PÉROU
Au lendemain des élections au Pérou, que penser? Un de nos correspondants favoris, Jean-Paul Dammagio, fait suivre un commentaire éclairant en date d'aujourd'hui, 6 juin 2006. Le choix des photos est de moi.
Pour des raisons non encore expliquées, la fonction commentaire du serveur de ce blogue est défectueuse depuis plusieurs semaines. Je regrette au plus haut point cette atteinte au dialogue.
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Pour Humala Ollanta : l’action concrète commence

Humala à Piura
http://www.elregionalpiura.com
A Piura, dans le nord du Pérou, en ce 6 juin 2006, les discussions dans la rue tournent autour d’une grève annoncée des élus du secteur de Huancabamba, la partie montagneuse de la région.

http://gerdbreitenbach.de/anden/peru_1/huancabamba1_de.html
Les travaux devant goudronner le tronçon de route entre Canchaque et Buenos Aires (pas celui d’Argentine) sont pour la cinquième fois reportés. La décision, tombée juste après le vote, ne fera pas les titres de la presse, une presse qui dans l’ensemble préfère se réjouir de la victoire de leur candidat Alan Garcia.
Le candidat largement en tête au premier tour, Ollanta Humala, est largement battu au second en faisant cependant des résultats spectaculaires dans 14 régions sur 24. Il est battu par l’électorat de Lima, Trujillo et Piura qui représente 47% de l’électorat total du pays. Il est battu par une union sans faille entre la droite et les bastions classiques de l’APRA, le vieux parti d’Alan Garcia qui a obtenu le soutien d’un de ses adversaires les plus durs, Mario Vargas Llosa. Cependant, avec 45 élus au Congrès, Ollanta Humala va pouvoir s’activer concrètement et se préparer de manière plus solide et plus claire pour les futures échéances.
Le second tour a été transformé par la presse en vote
contre Chavez.
Le «trium verrat» Moralès, Chavez, Humala
(Photo Cato Institute).
La moindre déclaration du président vénézuélien a été martelée comme atteinte à la souveraineté nationale et, Ollanta Humala avait beau rappeler que la colonisation actuelle du pays était plus le fruit des politiques néo-libérales chères à Alan Garcia, qu’aux déclarations sans doute trop tapageuses de son soutien numéro 1, il eut du mal à contourner cet ultime piège des médias. D’autant que Montesinos, de sa prison, a volé au secours du même Alan Garcia, au moment où les autorités chiliennes libéraient Fujimori !
Dans un second tour qui aurait opposé Lourdes Flores, la candidate affichée de l’oligarchie, et Ollanta Humala, ce dernier aurait gagné. Mais, Alan Garcia ayant supplanté Lourdes Flores d’un cheveu, il a pu rogner sur une partie du vote de gauche et reprendre donc la direction de son pays, un pays plus divisé que jamais entre la montagne et la côte.
La leçon servira-t-elle la gauche latino-américaine? Humala, par la nouveauté de sa présence, par les inquiétudes que soulevaient son parcours, laissait planer un doute sur la nature vraiment de gauche de son nationalisme. Des années dans l’opposition lui seront peut-être plus bénéfiques qu’une élection surprise qu’il risquait de mal gérer. Pour les leçons à tirer de l’épreuve, Hugo Chavez serait peut-être le plus concerné. Même si le scrutin ne s’est pas joué sur ses interventions (« si Alan Garcia est élu, le Venezuela rompra ses relations avec le Pérou »), elles contribuèrent à brouiller les cartes et à détourner l’attention des situations concrètes.

Pour comprendre l’importance de la question péruvienne aux yeux de Chavez, il faut se souvenir qu’en 1974, à Lima, le jeune militaire vénézuélien tomba en admiration devant le président d’alors, Velasco Alvarado qui lui confia une de ses erreurs : ne pas avoir su susciter, autour de son gouvernement, l’enthousiasme populaire, leçon qui marqua définitivement le jeune Hugo. En 1968, au moment où les militaires latino-américains tiraient sur leurs peuples, ceux du Pérou prenaient le pouvoir par un coup d’Etat, pour nationaliser le pétrole, et développer un nationalisme de gauche !
Malheureusement Chavez n’a pas lu les livres d’écoles qui forment les enfants péruviens depuis des lustres. Il aurait été surpris d’apprendre comment on y présente son autre référence : Simon Bolivar. Dans un tableau en 14 points qui compare San Martin et Bolivar, San Martin est le héros parfait et Bolivar le héros douteux. Simple exemple : « San Martin est simple, sincère, discipliné en tout. Bolivar est arrogant, vaniteux, exibitionniste et aime le faste ».
Je m’éloigne, sans doute à tort, des problèmes de la route Canchaque Buenos-Aires, cette route où les habitants voudraient pouvoir faire circuler aisément leurs riches productions : le riz, la canne à sucre, le café, le maïs, les moutons, les citrons. Une route merveilleuse où, pour le moment, les camions circulent à 10 km à l’heure pour arriver à Huancabamba où les attendent les chamans et leurs lagunes miraculeuses. Pour aujourd’hui, ce sont plus exactement des gens en colère qui occupent les rues car l’eau, en guise de miracle, n’arrive plus dans la ville. Des tuyaux ont été détruits et pendant 5 jours l’eau se fit rare !
Certains penseront que pour préserver ce paradis, il faudrait lui éviter le goudron, or, pour le moment, à cause en partie du manque de communications, l’exil conduit les habitants de cette infinie verdure, vers le désert de Piura ! Des ONG allemandes ont installé des panneaux solaires pour faire fonctionner le téléphone mais tout ça ne suffit pas pour assurer une vie digne des temps présents.
Alan Garcia va-t-il concevoir enfin un projet de développement qui réussisse à inverser la tendance lourde qui porte les habitants vers la côte où des tonnes de problèmes se concentrent ? C’est impossible car les critères de rentabilité qui fonctionnent sur les bases du FMI et qui sont les siens, ont, des territoires, une vision sommaire : « Vive les plaines et mort aux montagnes ». Le mouvement social, les forces d’Humala qui viennent des montagnes devront sans doute approfondir leurs objectifs pour imposer un Pérou plus humain, plus juste et donc débarassé des autorités qui le conduisent à l’asphyxie. Le résultat électoral indique que ce projet peut susciter beaucoup d’adhésions. Ne pouvant sortir des urnes, il a de l’avenir dans des luttes que parfois les Péruviens conduisirent à la victoire. Des luttes qui devraient se pencher sur l’état de leur télévision et de leur presse. La Republica est un quotidien de centre-gauche face au Comercio qui appuie les pouvoirs en place. Va-t-il saisir l’occasion pour s’ancrer davantage à gauche? A suivre.
Jean-Paul Damaggio
par Jacky boy | le 2006-06-05 22:14:42 | PERMALIEN
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GARE AUX SAINTS GORILLES!
Le philosophe irano-canadien Riman Jahanbegloo a été arrêté illégalement le 24 avril dernier à Téhéran sous prétexte d’activités d’espionnage! Il est détenu dans la même prison où la photographe Zarah Kazemi fut torturée avant d’être assassinée. Plusieurs intellectuels de partout dans le monde ont demandé la libération immédiate et sans condition du philosophe qui a eu le malheur de contredire récemment, dans un journal espagnol, les thèses révisionnistes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad au sujet de l'Holocauste. Gare aux saints gorilles!
Ambassade iranienne
245, rue Metcalfe
Ottawa ON K2P 2K2
Courriel de l'ambassade du Canada à Téhéran:
par Jacky boy | le 2006-05-30 22:24:20 | PERMALIEN
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LE BEAU TEMPS...
Aujourd'hui, dimanche de plute. Malgré tout,quatre nouvelles intéressantes et un quart d'heure de soleil.
Simone
«Simone est aux hommes, à tout le monde, à personne», disait et dit toujours la chanson de Ferland (Les Vierges du Québec). C'était l'anniversaire de ma tante Simone, 88 ans! Humour, sensibilité, tout est là.
En allant au resto à Granby pour Simone, j'ai vu de mes yeux vus la rivière Yamaska, haute et brune mais qui réintégrait son lit, comme une bonne bête.
Pour commander un verre d'eau dans un resto à Granby, quand j'étions fou, on disait : Un Yamaska frappé, s'il-vous-plait.
Mario ou l'agriculture brune
Mario, c'est mon cousin. Il est réalisateur.
Il s'intéresse à l'alimentation depuis 30 ans. Il a gardé un lien avec l'agriculture que son père, Paul, a pratiquée quelques années. Puis notre grand-père Hector, notre arrière grand'père... Il n'était pas présent à la fête mais j'ai appris que son dernier documentaire avait été diffusé à Télé-Québec le 20 avril et trimbalé un peu partout au Québec. Il fait jaser ce film. Titre : Tabou(e). Sujet : l'épandage sur les terres agricoles de la «boue» recyclée des villes. Résumé qu'on trouve sur le site de Télé-Québec :
«Le réalisateur Mario Desmarais nous amène sur le terrain peu ragoûtant de la « bouffe d'égout », celle qui a poussé sur des terres fertilisées par des boues d'épuration (...) Le contexte est le suivant: chaque année, sur les terres agricoles du Québec, 800 000 tonnes de résidus industriels et d'épuration sont épandues. Des aliments que nous mangeons ont ainsi été produits sur des terres fertilisées par des boues d'épuration contenant des matières dangereuses. Les conséquences sont désastreuses : décès, maladies et intoxications. Le réalisateur a rencontré, au Canada, aux États-Unis, en Suisse et en France, plusieurs victimes de cette pratique de plus en plus répandue, mais aussi de plus en plus contestée. Il donne la parole aux citoyens et aux agriculteurs qui dénoncent ce type d'épandage. Pendant que les autorités en minimisent les dangers, tant pour les personnes que pour l'agriculture, plusieurs scientifiques contestent cette forme de recyclage comme allant à l'encontre du développement durable. Après s'être mobilisé pour la préservation de l'eau, des forêts et de l'air, il est maintenant temps de s'intéresser à la préservation des sols. Le film est un vibrant plaidoyer pour le respect de la terre et l'application du principe de précaution.»

Mario a l'habitude d'étoffer ses recherches et d'affiler sa faulx.
Voir également la recension du film dans Voir.ça du 13 avril 2006. (http://www.voir.ca/actualite/actualite.aspx?iIDArticle=41256).
On trouvera aussi un excellent papier qui résume bien l'enjeu posé par le documentaire dans le numéro de juin (#250) de l'Aut'journal.
99 heures de soleil
Le mois de mai, c'est le mois de Marie, c'est le mois le plus beau... Miss Météo, la Vierge chérie, nous informait aujourd'hui que nous nous sommes baignés dans 99 heures de soleil en mai... 99 soleils + 127 heures de lune (sommeil), je suis en déficit! Surtout que je suis un oiseau de nuit. Mais pourquoi stresser alors que Bill Clinton déclarait aujourd'hui aux USA (traduction libre ) : Heil, les boys, the global warming est vraiment la pointe de l'iceberg qui fond dans notre sunday en crise...

http://www.miseanu.com/?m=20051011
Première apparition publique sous la pluie des Néo-Rhinos
Quatrième nouvelle réchauffée mais non la moindre. Cet après-midi, au parc Lafontaine, des zorateurs des Néo-Rhinos ont pris la parole sous la pluie. Difficile de saisir les mots quand ils dégoulinent dans les craques politiques! Déjà, la nouvelle avait passé inaperçue puisque c'est le 20 septembre 2005, au Lion d'Or, que le parti de Jacques Ferron s'est remué de ses chardons ardents dans un show hommage au fondateur. Le nouveau slogan du parti est : « Le futur, c’est tout à l’heure, fait qu’on va y voir ». Influence zapartiste incontestable.
En tk,
après la pluie,
le beau temps...
par Jacky boy | le 2006-05-21 23:25:31 | PERMALIEN
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PRINTEMPS SAUVAGE
Les surréalistes purs et durs, s'il en fut dans le silence des étoiles, les post-synchronisés du passé moderne zébrant la nuit plâtrée de graffitis chinois, même les gérants de la mémoire courte du temps présent sur l'estrade du capital, ils ne sont pas fleurs bleues, non, non, ni bluettes dans leur glotte qui jappe l'os du chien, le squelette rabattu sur le sol, le signe que nous en arrachons avec les barbelées.
On ne tiendra pas ici un vote de saintes colombes les trois Églises. Mais voyez Riopelle riant dans sa barbe grise. Il crache des oiseaux par les extrémités de ses manches. Des oies. Sauvages. Comme un cinéaste amouraché.
Je vois parfois le monde ainsi dans mon petit verger échevelé. Spinoza. Celan. Kiefer. Rivages en décripitude. Mais voici ces oiseaux de lumière avec des perles d'évasion dans la tête. Des enfants. Des sarcelles. Des perdrix. Des brandilles éparpillées sur les toiles de jute. Des tournesols géants de quinze pieds restitués par M. van Goth. Le nombre d'or partout comme une âme à travers les branches bric-a-brac qui luisent. Des A, des X, des baguettes magiques qui encadrent le ciel. Qu'est-ce que le ciel? De la musique. Des fleurs avant les fruits. Des étoiles corolles au creux du lit blanc pour diriger l'orchestre des vagabonds dans les airs, ces vauriens, voyageurs à pied de la vie qui passe. Des antennes ocres avec de la poudre de perlimpinpin. Duchesses sauvages. Plume dans mes cheveux au vent. Mais encore de la boue, de la cendre dans la voix... Je ne suis pas fleur bleue, oh non!
Et on ne tiendra pas un vote de saintes colombes les trois Églises!
Puis il y aura encore des pommes cette année, des vers, il y aura vous et moi, je l'espère, dans la nature peinturlurée «comme avec une femme».
Du free for all au Paradis terrestre et des chemins qui traversent les saisons...
Mon Almanach du peuple athée ne va pas plus loin, cependant, dans ses pronostics de caribou.


Photos jd, Béthanie, 7/05/06
par Jacky boy | le 2006-05-13 11:29:07 | PERMALIEN
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AU MEXIQUE, ILS CULTIVENT DES FLEURS
Je cède avec plaisir le crachoir à mon ami Jean-Paul Damaggio (Angeville, France) qui parcourt depuis des années les routes du coeur et de la pensée politique de l'Amérique latine. Dans ce texte, nous traversons en Amérique du Nord où l'on oublie généralement le Mexique. Vous avez entendu parler dans nos médias du carnage récent dont parle Jean-Paul à Atenco? Nous sommes pourtant voisins et en «libre» échange avec les Mexicains! À titre de Premier ministre, monsieur Harper devrait s'intéresser aux droits de l'Homme. Pas un mot sur la game! Ce que dit J.P. des médias trouve un écho ici quand il s'agit de considérer les «autres» Américains! On n'en parle qu'au compte-goutte alors qu'une révolution politique majeure s'y déroule. Après le Chili et la Bolivie, le Mexique risque de passer à gauche ce printemps. Mais qui en parle? «Les médias n’ont plus à parler du réel, ils parlent de ce dont parlent les médias», écrit Jean-Paul. À la faveur d'une grève des journalistes de La Presse, c'est la recette exacte qu'avait mijotée M. Péladeau père en inventant son Journal de Montréal... «Le journal doit parler de ce qui s'est passé la veille à la télévision», disait-il le plus sérieusement du monde.
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Bonjour, exceptionnellement je réactive cette liste d'envoi uniquement suite à ma passion pour les fleurs. Le texte est un peu long mais ne peut faner facilement. Bonne forme à tous.
jean-paul damaggio
Une étudiante chilienne à Mexico, voilà un fait banal pour débuter cette histoire banale. En ce 3 mai 2006, quand Valentina Palma se décide à prendre le métro direction Texcoco, ça n’a rien d’original : elle connaît bien la ligne qui conduit à l’aéroport de la capitale qu’elle utilise pour ses liens avec son pays.
En quittant son appartement, elle s’est munie de sa caméra, et a suivi la ligne jusqu’à Pantitlan en direction de San Salvador Atenco.
Atenco?
Au Mexique, dire « Atenco » c’est comme dire « Larzac » en France, sauf qu’à 20 km d’une capitale, on ne peut pas supposer que des paysans empêchèrent l’installation d’un camp militaire. La lutte débuta dès l’annonce des expropriations pour la construction du nouvel aéroport, c’est à dire le 1 décembre 2001, et ne s’arrêta même pas le jour de la victoire, le 11 juin 2002. Puisqu’en effet, victoire il y eut : le président Vicente Fox opta pour l’abandon du projet. Autant dire que la réussite de ces quelques paysans, ayant pu faire céder les multinationales les plus imposantes, révèle une organisation en béton du FPDT.
FPDT ?
El Fente del pueblo en defensa de la tierra engagea une lutte sur tous les plans sans laisser à l’adversaire plus de trois de jours de repos. Actions en direction de la justice, des hommes politiques, blocage de rues, émeutes. À un moment, 3000 policiers furent mobilisés pour déloger les paysans. Les dirigeants furent arrêtés. Les révoltés prirent des otages qu’ils ne relâchèrent que contre la libération de leurs amis. Vicente Fox, le renard suivant son nom, comprit que face aux militants de Ignacio del Valle il fallait user d’un stratagème que Peter Handke analysa dans un essai brillant : La fatigue.
Ignacio del Valle ?
Aussi connu que le sous-commandant Marcos, ce paysan a vécu en prison, a subi des menaces de mort et même le découragement, surtout aujourd’hui, 3 mai 2006 au moment précis où Valentina quitte le métro pour emprunter le métro-train jusqu’à La Paz et de là, avec l’aide de collectivos, rejoindre enfin San Salvador Atenco. Valentina est étudiante en vidéo-documentaire aussi, quand elle apprit qu’à Atenco les forces de l’ordre avaient tué un enfant de 14 ans, elle se décida à suivre sa tendance naturelle : partir sur les lieux du drame pour pouvoir témoigner. D’autant qu’elle venait de vivre un premier mai mobilisateur avec le délégué zéro à l’écoute des étudiants et au cœur des manifestations.

Le délégué zéro ?
Le Mexique se prépare à élire son président, un acte qui se produit tous les 6 ans avec chaque fois un nouveau candidat car le président n’est pas rééligible. En l’an 2000 le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) perdait enfin le pouvoir après 70 ans de règne de parti unique, un règne de plus en plus éloigné des intérêts du peuple. Pour ne pas être absent de ce grand moment électoral, les zapatistes auraient pu proposer la candidature du sub, mais la démarche zapatiste est opposée à toute entrée dans la mascarade politicienne. Toute élection étant devenue une lutte de personnes sur le marché électoral, les zapatistes proposèrent au mouvement social de profiter de l’occasion pour lancer « l’autre campagne », celle qui pouvait fédérer les luttes sociales. Après 3 mois de réunions d’organisation (de septembre à décembre 2005), le délégué zéro (le sous-commandant n’a pas fait que changer de nom comme on le verra plus loin), est parti à l’écoute du pays. Depuis, les médias disent que partout où Marcos passe, il sème la révolte.
Marcos ?
Marcos était à Atenco peu avant les événements dramatiques qui viennent de se produire mais il n’est le déclencheur de rien car à Atenco comme ailleurs, les mobilisations sont bien antérieures à son passage. Pourtant le 3 mai, en décidant la plus vaste opération policière engagée depuis des années (la précédente date de la prise de l’université occupée pendant 6 mois), la question de « l’autre campagne » n’était pas absente des préoccupations gouvernementales. En faisant d’Atenco un point de fixation, il s’agissait de faire payer aux paysans de ce village l’enterrement de « l’autre campagne ». L’enjeu dépasse à présent la construction d’un aéroport. Il s’agit de la construction d’une révolution ! Ou « l’autre campagne » réussit à faire libérer les 200 prisonniers emportés par la police et sa gloire est assurée (jusqu’à présent elle était traitée de manière folklorique), ou la guerre sociale engagée est perdue, et Marcos sera obligé de se replier une fois de plus dans la forêt Lacandona.
200 prisonniers ?
L’intervention de la police fut d’une férocité exceptionnelle et Valentina Palma en est la preuve, non par ses films qui lui firent confisqués mais par ses cris … qu’elle pousse de Santiago du Chili. Quand elle arriva à Atenco vers huit heures du soir, elle commença par filmer l’organisation des gardes populaires que le FPDT mettait en place en prévision des luttes à venir. Puis, peu de temps après, toutes les cloches de la ville se mirent à sonner pour annoncer l’entrée en action de la police.
Elle continua de filmer ici ou là avant de se protéger en se réfugiant dans la bibliothèque située face à l’église. Valentina ne pouvait imaginer la suite.

La police entra partout captura tout le monde et après des coups sur tout le corps, la confiscation de son matériel, elle fut conduite en prison, un temps immensément long car sur tout le trajet ce furent viols, attouchements et coups divers. Le transfert des personnes dura de huit heures du matin à quatre heures du soir ! Après un cour passage en prison, elle fut conduite à l’aéroport, où elle retrouva son compagnon et avec lui, elle fut expédiée au Chili. L’horrible répression lui laissa le goût d’une immense colère.

Colère ?
Ignacio del Valle ne sait plus ce qu’est la colère. Il ne plonge pas pour autant dans la résignation. Il tient seulement à avouer son impuissance. Son mouvement est décapité. Soit la peur cloître les paysans chez eux, soit ses amis sont en prison. Le 6 mai une assemblée générale des révoltés a eu lieu au siège du FPDT, sous l’œil attentif d’un grand mural représentant l’inoubliable Zapata. Après d’infinies discussions, un plan de contre-attaque a été élaboré. Mais que va-t-il donner ? La solidarité va-t-elle fonctionner ? La présence de Marcos est-elle un atout ou un handicap ? Pour les uns, il s’agit d’un atout et Marcos a déjà indiqué qu’il ne quittera pas les lieux tant que les prisonniers ne seront pas libérés. Pour d’autres, il s’agit d’un handicap car le pouvoir pouvait céder localement face au FPDT, mais il ne le peut plus face à « l’autre campagne » sauf à donner à tous les révoltés un bol d’oxygène.
L’oxygène ?
Pour la première fois depuis 5 ans Marcos a accepté de répondre aux questions d’un journaliste de La Jornada, son ami, Hermann Bellinghausen. La médiatisation d’Atenco ne peut pas être plus grande (au Mexique, car les luttes sociales sont indignes du moindre article sérieux de politique internationale). Que dit le délégué zéro ? Qu’Atenco confirme des observations déjà faites partout sur la planète : hier les pouvoirs publièrent des journaux à leur botte, puis les journaux devinrent un pouvoir à eux seuls (le quatrième disait-on parfois) et à présent, les médias commandent les pouvoirs politiques. Conséquence : ils y perdent alors toute crédibilité et risquent de ne plus rien pouvoir. Mais le journaliste insiste : « Vous, Marcos, ne cherchez-vous pas en premier lieu à occuper les médias ? » « Mais, comment pourrais-je vouloir occuper des médias fondamentalement opposés au combat que nous menons ? ». Alors le journaliste insiste : « Atenco est devenu une grande affaire médiatique ! ». Marcos précise : « J’ai vu TV Azteca, j’ai écouté la radio. Comme partout les médias mettent en avant la violence des paysans à laquelle les policiers auraient répliqués. Peut-être, dans certains cas, va-t-on considérer que la police a exagéré mais sur le fond, on veut faire croire que les premiers responsables, ce sont les paysans. S’ils se soumettaient à l’ordre ambiant, l’ordre serait sans problème ».
L’ordre ambiant ?
Depuis le grand texte « oxymoron » les zapatistes démontrent les transformations profondes du système : c’est au nom du droit à manifester, du droit de vote, au nom de la liberté d’expression, de l’écologie, au nom de la démocratie et des droits de l’homme qu’on assassine le droit à manifester, le droit de vote, la liberté d’expression, l’équilibre de la nature, la démocratie et les droits de l’homme. Ce faisant, on peut répondre que le système continue d’être ce qu’il a toujours été. Non, car, pendant longtemps, le système a considéré que la liberté d’expression était dangereuse, le droit de vote un pouvoir donné aux ignorants etc., puis il a été obligé de lâcher des droits sociaux qui deviennent le prétexte pour en finir avec les droits sociaux ! On comprend mieux le rôle des médias, car il faut de forts moyens d’intoxication pour faire avaler de tels oxymores. L’ordre ambiant est le désordre organisé !
Organisé ?
« L’autre campagne » se veut une organisation révolutionnaire nouvelle. D’abord le mot organisation. Pour les zapatistes pas question de se battre sans organisation. Quand on construit une armée, l’EZLN, le bavardage est limité. Quand on sort d’une stratégie militaire, il encore plus réfléchir à l’organisation. En conséquence, toutes les forces sociales se sont rencontrés, pour des réunions dont l’ordre a été fixé par l’EZLN afin d’élaborer un comité, avec des adhérents, des directives etc. Rien de militaire puisque l’autonomie de chacun est respectée mais au nom de ce respect pas question de défendre n’importe quoi, n’importe où et n’importe quand. Les bureaucrates syndicaux pourraient noyauter le mouvement. Et à Atenco, la condamnation des violences policières ne dispense pas de toute analyse critique de l’organisation de l’action de lutte. Marcos ne dit pas que le FPDT n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités mais que le contexte présent oblige à revoir les formes de lutte. Ce qui ne signifie pas qu’il ait la réponse aux questions posées.
La réponse ?
Le dimanche 7 : actions d’information et de collecte de fonds pour le soutien aux victimes.

Le lundi 8 : blocage d’une avenue essentielle de Mexico.
Le mardi 9 : diffusion nationale d’un tract à 500 000 exemplaires pour informer.
Le mercredi 10 : achat massif des produits des marchands de fleurs d’Atenco.
Le jeudi 11 (aujourd’hui) : blocage national des routes là où les membres de l’autre campagne le peuvent.
Le vendredi 12 : journée nationale en faveur de la libération des prisonniers politiques avec décompte des disparus avec le même jour une grande marche à Mexico.
Le samedi 13 : nouvelle réunion du collectif d’action pour fixer les dates et moyens de la grève générale.

Libérer les prisonniers ?
Les médias ont plusieurs objectifs. Raconter des salades est le plus basique mais il n’est pas très nourrissant. Pour l’essentiel, il faut appuyer les révoltes qui conduisent vers des impasses. Les médias savent glorifier des révolutions orange, rose, bleu, verte et j’en passe. Ici au Mexique, avec le cas des zapatistes, les médias jouèrent sur toutes les cordes. Médiatiser le sous-commandant pour faire oublier les sans commandant. Echec. Ignorer le Chiapas pour parler de femmes assassinées à Ciudad Juarez. Echec. Théoriser le combat zapatiste dont l’aspect glorieux serait qu’il ne vise pas la prise du pouvoir. Des Atenco, le Mexique en connaît des dizaines et si aujourd’hui celui des cultivateurs de fleurs est médiatique c’est parce qu’il peut influencer le résultat de l’élection. Valentina a été le témoin d’un piège à plusieurs entrées (la municipalité de gauche a collaboré avec la droite pour réprimer les paysans). Le délégué zéro ne veut pas entrer dans l’un d’eux : laisser entendre que la riposte à la violence peut se faire les armes à la main. Les zapatistes ont déposé les armes et le délégué zéro indique même que si une « autre campagne » avait eu lieu en 1993 jamais l’EZLN n’aurait surgi militairement de la forêt. Alors qu’il propose de rejeter les riches du pays, une violence extrême envers les puissants, il pense que c’est possible par l’effet du nombre. Libérer les prisonniers n’est qu’une facette du plan révolutionnaire général. Et quand le journaliste lui demande comment il peut penser possible de faire vivre un pays sans l’appui de la grande finance, il répond par l’exemple du Chiapas : dans les fermes, dans les usines (rares cependant) l’auto-organisation du peuple a donné des résultats économiquement plus rentables et socialement plus humains. Les gens vivent mieux à tout point de vue. Et si la ville de Mexico, même si c’est une jungle, est différente de la forêt Lacandona, encore une fois, un autre type d’organisation, fondé sur la satisfaction des besoins premiers des êtres humains, y est totalement possible. Pour le moment, « l’autre campagne » est organisée dans tous les états du Mexique. Il s’agit d’un mouvement national en cours de constitution. Le soutien à ceux d’Atenco est une belle occasion « offerte » par Vicente Fox, pour tester l’état du réseau. Les coups reçus ne représentent rien de plus que ceux déjà reçus depuis des décennies. La qualité de la riposte est par contre du jamais vu. Les prochains jours risquent de transformer l’élection présidentielle en camp retranché. La droite dure du PAN pense ainsi arrêter la possible victoire de la gauche institutionnelle (celle qui a voté pour Monsanto et contre des droits favorables aux indigènes). « L’autre campagne » suit sa propre logique, son propre calendrier. Aujourd’hui, ils auront été des milliers à acheter les fleurs de la victoire. Car de toute façon le peuple aura le dernier mot.
11 mai 2006
En supplément, on trouvera à ce site le témoignage de Valentina Palma (esp./ang.) et son adresse courriel :
«¡No a la violación , no al uso de mujeres y hombres como objetos, no a la brutalidad y a la tortura, no a la justificación de la violencia!» Atte. Valentina Palma Novoa valenpalma@hotmail.com
Note : les photos récentes d'Aticon qu'on voit ici - ad usum privatum - proviennent de divers journaux, blogues ou portail. Le temps me manque pour donner crédit à chacun. Voici les principales références :
(photo du policier pointant son revolver)
(photo de Valentina descendant du bus)
par Jacky boy | le 2006-05-13 11:00:42 | PERMALIEN
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C.R.A.Z.Y. EN FRANCE
Pierre, un Périgordin, m'envoie une critique du film C.R.A.Z.Y. parue aujourd'hui dans TELERAMA et signée Frédéric Strauss. En voici en bref extrait :
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«(...)Cette chronique familiale a fait renaître le cinéma québécois. Le voilà avec sa générosité, son humour, sa vérité. Et avec Zachary, le quatrième fils Beaulieu, la grande invention de C.R.A.Z.Y.
Le cinéaste Jean-Marc Vallée embrasse tout. Le folklore familial et la quête d’identité de Zachary, les moments heureux et l’évocation délicate de l’intolérance « qui vient du cœur », celle du père, incapable d’accepter la différence du fils. La mère, elle, le soutient, le porte comme s’il était encore dans son ventre : alors qu’il fait une crise d’asthme, elle l’aide à retrouver son souffle à distance. C’est une des nombreuses belles scènes du film. Elle en révèle la profonde sensibilité. Tout en jouant avec le destin qui ramène Zachary à l’église pour chacun de ses anniversaires, confondus avec la messe de Noël, Jean-Marc Vallée nous parle de croyance, et finira par entraîner son héros pop en pleine confusion jusqu’à Jérusalem pour une révélation. C.R.A.Z.Y. en est une. C’est le film d’un cinéaste qui aime les personnages hauts en couleur, les émotions vives, mais aussi les secrètes, et qui sait donner à chacun ses raisons, sans que sa générosité vire à la facilité. On appelle ça un don pour la comédie humaine.».
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par Jacky boy | le 2006-05-05 22:49:43 | PERMALIEN
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VOUS APPLAUDISSEZ JAUNE!
Bonjour Monsieur le Premier ministre,
Je vous ai vu applaudir, hier, à la suite du vote nominal consacrant le dépôt de la loi 23 qui viole l'intégrité du Parc national du Mont-Orford. Il me semble que vos applaudissements étaient teintés de ressentiment et n'exprimaient pas une émotion franche qu'on peut ressentir suite au bon travail accompli. Il y a de quoi baisser les yeux! L'argumentaire du ministre Béchard est tissé de faussetés! Comment pouvez-vous dignement occuper les fonctions de Premier ministre du Québec en étant aussi peu rigoureux quant à la défense de l'intérêt public?
Orford, c'est désormais une grosse tache sur votre habit de politicien déjà passablement élimé. Applaudira bien qui applaudira le dernier!
P.S. : Comme dirait l'ami Richard Desjardins, c'est à présent une question de légitime défense.
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Achetez-la, cette montagne
Josée Boileau Le Devoir,jeudi 4 mai 2006
En déposant hier son projet de loi privatisant une partie du parc du Mont-Orford, Claude Béchard (...) martelait qu'il n'avait pas le choix, que «le statu quo était impossible». C'est faux!, pour reprendre l'incantation du ministre, qu'il assénait hier à toutes les objections. Faux parce que le ministre fait de l'esbroufe, joue sur les mots et ignore délibérément toute autre avenue que la mise en vente. (...)
Le ministre a beau promettre l'acquisition de territoires, retirer là un mont, resserrer l'aire de construction de ses fameux condos, en baliser la hauteur et le style et obliger l'acheteur à investir dans la restauration des milieux naturels, il passe à côté de l'essentiel : il est question d'un parc national, donc inaliénable. Le gouvernement a choisi de l'oublier et de contourner la loi : tout le reste n'est que poudre aux yeux.»
par Jacky boy | le 2006-05-04 06:29:54 | PERMALIEN
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UNE FÉE SOUS LA PLUIE
Ce n’était pas supposé, mais j’ai rencontré une fée l’autre soir, à l’Utopik. Après une petite fête de fin de session à l’université, je voulais siroter en solo une bière pour réviser le travail de session que venait de me remettre mon prof. Un «A», mais avec des annotations et des remarques de bord en bord...
Lorsque je gagnai le café à l’étage, la fée était en train de lire un texte sur la petite scène improvisée qui donne sur Ste-Catherine. Elle terminait sa lecture en fait. Elle vint reprendre sa place juste à côté de ma table. Pendant que l’on présentait Yolande Villemaire - douceur bleue, nuage de soie incarné -, je dis à Denise : «Je vous suivais aux Décrocheurs d’étoiles». Vlan! Elle me décroche un bec sur la joue. Elle m’en donnera au moins trois dans le temps de la dire.
C’est une vraie fée qui s’appelle Denise Boucher. Née à Victoriaville, la jeune maîtresse d’école timide rencontre la gent littéraire - Miron et compagnie - chez la sorcière bien connue des Cantons-de-l’Est, Françoise Gaudet-Smith. Puis elle suivra sa vocation d’artiste, s’établira à Montréal, fréquentera Gauvreau, Langevin, écrira des chansons, fera jouer Les fées ont soif en 1978 contre vents et marées de la droite.
À l’intermission*, nous devions tous les deux partir. Nous sommes sortis ensemble. Il pleuvait. Je suis remonté prendre son parapluie oublié à côté du piano. Dehors, nous avons parlé quelques minutes sous la pluie froide d'avril. Elle m’a passé un coin de parapluie. Ce signe ne trompe pas, comme disait Félix Leclerc.
Je lui a parlé de sa série aux Décrocheurs d’étoiles où l’on pouvait entendre la voix macédoine des poètes d’un peu partout dans le monde. Une traduction off, avant ou après les lectures était assurée par Denise. «J’ai adoré faire cela», me dit-elle. Un jour, dans un resto de Montréal, à sa grande surprise, on l’a applaudit. Les gens avaient reconnu la fée qui fait passer en ondes des poètes en langue arabe...
Tu vois Denise, les fées ne passent pas inapperçues!
Tout ce que tu veux
Je l’ai dans mes champs
Tout ce que tu veux
Je l’ai dans mes mains
(Denise Boucher, Jezabel, Chant de l’abondance.)
* Soirée de poésie qui s’appelle SoloVox et qui a lieu tous les derniers mercredis du mois à l’Utopik, 552 Ste-Catherine Ouest, sous les bons soins d’Éric Roger.
par Jacky boy | le 2006-04-30 10:31:37 | PERMALIEN
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PHOTO-MANIF SOS ORFORD À MONTRÉAL
«Save the Park Orford», disaient les petites manifestantes.
Donnez-moi, donnez-moi de l'oxygène!
Monsieur Patapouf 1er...
Des manifestants de tous les âges.
«Le p'tit Québec de mon coeur» (Raymond Lévesque).
Plusieurs milliers de manifestants passent devant le Reine Élisabeth sans chanter bonne fête à Sa Majestée!
L'écrivain Marie Laberge qui ne joue pas sur les mots s'est adressée à foule : «Cette histoire est mal partie. Mais elle pourrait se terminer très bien grâce à vous».
Au micro Gisèle Lacasse-Benoît, et à sa gauche Suzanne Comtois, les porte-parole de la coalition SOS Parc Orford. À droite, Vincent Vallières se prépare à chanter une chanson de Desjardins.
Richard Séguin à la guitare. Il se demandera si le gouvernement a encore à l'esprit la notion de sens commun. À gauche, André Boisclair, qu'on distingue mal, tape des mains. Solution politique a-t-il dit. Mais au lieu d'un «peut-être bien», pourquoi ne pas s'être engagé à renverser la loi annoncée sur la privatisation d'une partie du parc Orford s'il est élu Premier ministre?
Fin de la manif au pied du Mont-Royal. Dans les années 70, les Montréalais ont résisté à la folie des funiculaires et autres attrapes-touristes.
(Photos jd., 22/04/06)
par Jacky boy | le 2006-04-22 19:12:24 | PERMALIEN
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MONT-ORFORD JOUR «J» : LETTRE À CLAUDE BÉCHARD
Monsieur le ministre,
Au cas où Le Devoir ne passerait pas sous la porte de votre bureau, je me permets de faire suivre l'édito de Bernard Descôteaux en date d'aujourd'hui, 22 avril, Jour de la terre, jour de contestation... Le texte résume assez bien la situation actuelle à l'égard du Parc du Mont-Orford.
S'il vous reste, en effet, ne serait-ce qu'une once de respect du bien commun, alors vous n'hésiterez pas à abandonner le projet de privatisation de la montagne et vous chercherez à établir le dialogue avec TOUS les intervenants, et non pas seulement avec les intérêts particuliers si démagogiquement défendus par votre collègue Monique Gagnon-Tremblay.
(...)
Il n'y a rien de plus sourd qu'un sourd qui ne veut durablement rien entendre.
Recevez, Monsieur le ministre, l'expression de mon souhait le plus vif : de grâce, que soit épargné le Mont-Orford.
Jack
***
Un moratoire s'impose
De Bernard Descôteaux
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 avril 2006 (extraits)
«Insensible à tous les arguments, le gouvernement Charest maintient sa volonté de privatiser la section centrale du parc du Mont-Orford. Aujourd'hui, les Québécois descendent dans la rue pour obtenir l'abandon de ce projet. Avant d'être forcé à un autre recul humiliant, le premier ministre devrait accepter le moratoire que lui proposent d'anciens directeurs de parcs nationaux du Québec, question de se donner le temps d'explorer toutes les avenues (...) »
par Jacky boy | le 2006-04-22 00:42:50 | PERMALIEN
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ÉPERVIÈRES
Cré taxes! Il fait chaud à pouvoir semer les patates et les oignons!
Qu'est-ce qu'on est venu faire en ville avec les camions?
D'ici trois semaines, gageons qu'on va zieuter les épervières qui s'épivarderont dans les parterres sauvages et les vieilles prairies...
«Qu'est-ce qu'on est venu faire ici?»
- Georges d'Or
C'est ce que je me disais ce midi en mangeant mon lunch dehors, au soleil, dans la cour de côté d'une église du centre-ville dont le nom m'échappe. L'église des Saintes- Épervières, mettons.
Photo jd, Les épervières, Béthanie, 12/06/05
par Jacky boy | le 2006-04-18 22:37:14 | PERMALIEN
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À PERTE DE VUE
«Il n'y aura jamais assez d'heures pour venir à bout de la mémoire»
Gil Pressnitzer, à propos d'Edmond Jabès
«Lorsque la mémoire nous sera rendue, l'amour connaîtra-t-il enfin son âge?
Bonheur d'un vieux secret partagé. A l'univers s'accroche encore l'espérance du premier vocable; à la main,
la page froissée.
Il n'y a de temps que pour l'éveil.»
Edmond Jabès, Toujours cette image
«Le livre est, peut-être, la perte de tout lieu; le non-lieu du lieu perdu.» (Jabès)

BNF http://www.bizoum.com/lire/
Gil Pressitzer est une espèce de garde à perte de vue dans la ville la plus rose, Toulouse. Ami de Bertin, ami de Nougaro, cet ingénieur a la pigûre des mots. En septembre 2005, il m'écrivait ceci à propos de son site (cf. Nomades dans mes favoris) :
«les articles non écrits par moi sont signés (poèmes,..) mais je dois avouer que je suis hélas le grand contributeur ce qui fait autant la faiblesse que la cohérence de ce site.
Jacques Bertin enregistre en ce moment un tout nouveau cd mais il ne tourne pas beaucoup en France où l'amour de la poésie est bien médiocre à bientôt en tout cas et je suis preneur de textes sur la littérature canadienne (Miron, Maillet, Tremblay..) que j'apprécie énormement.»
Puis à nouveau le 28 octobre 2005 :
«La belle littérature de “nos arpents de neige” restent si peu connue et connue pour quelques noms (Tremblay, Réjean Ducharme, Miron et encore!), que de trous béants...
Pourquoi pas nous aider à les combler en acceptant d’écrire sur «esprits nomades»?
Le seul texte en préparation est sur Gaston Miron mais il est encore fragmentaire. Donc on vous attend Jacques!
Amitiés gil»
Un jour. Un jour.
Que je lui ai dit.
par Jacky boy | le 2006-04-16 10:47:44 | PERMALIEN
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ÉCRIVAIN FRANÇAIS CONDAMNÉ INJUSTEMENT
Ma France à moi, ce serait celle chantée par Jean Ferrat. Hélas, la vieille France poudrée qu'on voit en ce moment dans l'actualité est plutôt celle qui exhibe ses muscles, ses piliers de la loi et l'ordre, avec ses dignes magistrats siégeant, on dirait, en toute sénilité.
Tel est le sentiment qui nous habite suite au verdict récent de la Cour d'appel de Montpellier qui condamne l'écrivain Jean-Michel Maulpoix, professeur à l'Université de Nanterre, à payer une amende de 5000 euros. Quelle est donc l'offense? Avoir diffusé sur son site web le témoignage du poète Brice Petit relatif à des violences policières!
Le 28 avril 2004, en rentrant chez lui en fin de soirée, Petit est par hasard le témoin ahuri d'une intervention policière particulièrement musclée qui serait devenue monnaie courante en France. Il voit un itinérant jeté à terre «le visage en sang, badauds aux fenêtres et forces de l’ordre aux abois. Indigné par tant de violence inutile, il juge opportun de dire tout haut ce qu’il en pense, avec calme, mais fermeté. Comme il refuse de 'circuler', on le menotte, on l’embarque au commissariat, on le fouille au corps, il passe la nuit dans une cellule sur une planche en bois. Au matin, on l’inculpe pour outrage à agents, non sans le 'charger' au passage pour des insultes qu’il se défend d’avoir prononcées.» (Jean-Michel Maulpoix, courriel du 25/09/05). On ne niaise pas avec la réalité en douce France!
C'est en substance le témoignage troublant que Maulpoix décide de diffuser sur son site par esprit de solidarité. Il ne connaissait pas personnellement Brice Petit.
On est pour le moins étonné de constater que par le même jugement en date du 6 mars 2006, Price Petit est finalement «relaxé», comme disent les Français, alors que Jean-Michel Maulpoix est, lui, condamné. Il n'y a pas eu d'instruction au dossier. Personne ne l'a interrogé. Aucune instance ne lui a jamais signifié de retirer ce texte de son site. Ce témoignage a été par ailleurs diffusé sur une quinzaine d'autres sites. On trouvera le lien sur mon humble blogue depuis l'automne 2005 et je l'ai fait suivre à l'UNEQ. Personne d'autres n'a été inquiété.
Brice Petit a été blanchi de l'accusation selon laquelle il avait menti en affirmant que les policiers l'avaient brutalisé. La Cour a donc convenu qu'il disait la vérité. Par quel chemin tortueux peut-on justifier la condamnation de Maulpoix sous prétexte d'avoir ainsi publié un texte qui n'offensait personne puisqu'il disait la vérité? On reste sans voix tellement cette affaire tourne à la pure vexation à l'endroit d'un citoyen.
Dans le communiqué émis par ses avocats, on peut lire que Jean-Michel Maulpoix a été condamné «grâce aux règles procédurales de la diffamation qui lui interdisent de démontrer qu'il a dit la vérité (...) On lui a appliqué à la lettre une loi obsolète au bénéfice de policiers dont les mensonges et la brutalité ne sont pas démentis par la même décision de justice. Existe-t-il une liberté d'expression si elle ne protège pas une personne qui dit la vérité et est de bonne foi ?»
Au pays que l'on croit être celui des libertés, plusieurs écrivains, professeurs d'université, philosophes et artistes de renom soutiennent Jean-Michel Maulpoix, notamment Jean-Luc Nancy, philosophe, Charles Tordjman, metteur en scène, Jacques Rebotier et Enzo Cormann, auteurs dramatiques, Isabelle Baladine-Howald, Francis Mizio, Serge Quadruppani, écrivains, etc.
Maulpoix vient de fermer son site littéraire qui était d'une qualité exceptionnelle et que je fréquentais avec bonheur avec des milliers d'autres lecteurs. C'est une vraie perte.
Ce verdict injuste est un scandale sur le plan de la liberté d'expression en France et j'estime qu'il est de notre devoir de soutenir Jean-Michel Maulpoix. En fait, cela nous touche de très près.
On trouvera toutes les informations relatives à cette pénible affaire sur le site de François Bon (Rolling Stones, une biographie) à l'adresse suivante :
http://www.tierslivre.net/spip/article.php3?id_article=311
par Jacky boy | le 2006-04-09 12:34:55 | PERMALIEN
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LA COMPLAINTE DU COLÉOPTÈRE
Finalement, nous nous étions tous planqués à Granby. Mike vivait avec Michèle au 80, rue George, l'ancien appartement de Madeleine Monette. Je chantais à tue-tête des chansons de Claude Dubois. Je ramonais des textes de Claude Gauvreau. Épormyable! Dieu que j'étais lourd! Mon chat Artaud que j'adorais venait sur la table, saisissait mon crayon et, pas de blague, il écrivait avec moi. Mais les belles journées furent rares. Je suivais des cours de ballet jazz avec Carol et Michèle. J'étais poche! Je m'en allais à la dérive. Mon chat finit par s'enfuir en plein hiver. Je ne l'ai plus revu rue Elgin.
Et mon ami Michaël, si près, si loin. Il écrivait dans son coin. Se battait avec le siamois. Il me disait : «Pourquoi tu t'énerves comme ça? Tu peux écrire tranquillement.»
Un dimanche matin, je l'ai visité. Il m'a donné La Complainte du Coléoptère que voici :
«Deux tondeuses de Bizance qu'il aurait fallu falsifier
avortèrent douze parterres en proie à l'été...
Les insectes de l'endroit, très peu friands de l'affaire,
se plaignirent de la dérive dans le désert des partouzes
et au matin du onzième jour le fer blanc de la colère
manœuvrait l'horizon dans le maquis des pelouzes...
Les deux tondeuses s'enfuirent, vomissant couteaux blessés.»
- Michael Thomas Gurrie, 2/02/1979
Artaud, photo originale jd, 1978
Photo de la photo, jd. , avril 2006
par Jacky boy | le 2006-04-08 12:39:07 | PERMALIEN
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COMME UNE BOUTEILLE À LA MER
Le plus souvent je garde le silence. Mais de loin en loin, je n'en finirais pas d'évoquer à travers mes textes l'amitié marquante qui me lia à feu Michael Thomas Gurrie décédé trop jeune, fin 1999, d'un accident cérébrovasculaire.
Entre les années 1975 et 1987 surtout, nous avons forgé côte à côte une espèce de duo en écriture sans nécessairement écrire à quatre mains, exception faite d'une chronique sportive publiée conjointement dans le mensuel SportMania pendant environ une année.
Nos échanges n'étaient pas intellectuels ou théoriques. Ils se cristallisaient par des textes, des coups de gueule, des jeux, des observations sur le monde littéraire et avant tout, il y avait nos lectures. Nous étions tous deux formés à la même faculté de philosophie. Nous avions été d'excellents buissonniers et Kant, à tort peut-être, était loin de nos préoccupations esthétiques.
Un jour, il me présenta ainsi aux lecteurs de la revue Le Goéland pour laquelle il m'avait demandé un article : «Jacques Desmarais est fonctionnaire, écrivain, poète et philosophe. Pas nécessairement dans cet ordre...» Loin de toute prétention, dans la mesure où ce sont les autres qui peuvent nous affabuler ainsi, je dirais, que le «pas nécessairement dans cet ordre» était un beau clin d'oeil! Et c'est encore aujourd'hui incisivement juste comme formule. Mais qui peut s'intéresser à tout cela?
Or voici : au creux de ce qu'on pense être l'intimité, il advient parfois du dehors des tours de magie que même la fiction la plus affamée ne saurait concocter.
Grâce à ce blogue, une jeune étudiante en lettres avec des yeux d'écrivain fait récemment son entrée dans mon existence! Inattendu, inespéré, comme dirait l'autre. Elle a pour nom Kat Gurrie, elle est la nièce de Mike! Elle s'intéresse sérieusement aux écrits en poésie de son oncle. Sont-ils conservés? Elle souhaitait me rencontrer...
Nous nous sommes vus hier Au Cheval Blanc. C'est une belle fille! Son regard, sa façon de balancer les idées réinventent sous mes yeux, sans forcer la note, les traits de mon ami. Je suis saisi. Elle me regarde par en dessous. Dans des circonstances qui seraient longues à raconter, ce sont mes mots publiés jadis dans La Presse qui lui parvinrent bien plus tard et lui apprirent le décès de Mike. Elle avait retracé mon adresse à Radio-Canada (Décrocheurs d'étoiles), mais n'avait jamais osé me rejoindre avant d'écrire sur mon bloque : «Enfin je vous trouve.»
Elle dit vouloir deviner ce que Mike voyait en moi. Elle gratte tout ce qu'elle peut afin de se faire une idée du personnage inouï que fut son oncle et chez qui elle a habité quelques mois, au 1689, rue Beaudry. C'était après que le hasard eût joué un coup de savate au destin. Kat, qu'il faut imaginer en punk à cette époque, venait tout juste d'atterrir seule à Montréal, perdue, paumée, couverte de piquants, lorsque, par un hasard qui était nécessaire, elle tombe littéralement sur Mike qui jouait à l'itinérant... Il était en peine, en noyage, sa blonde, une amérindienne, hospitalisée... Il était complètement fait, a manqué un poteau pour se tenir, s'est étampé de tout son long sur le trottoir quelque part sur la rue St-Laurent! Scène familière des grandes villes. Les passants faisaient un détour. Kat se trouvait juste là! N'avait pas revu son oncle depuis des années... Elle dit : «Mike?» Il a ouvert les yeux. Puis elle l'a relevé. Puis ils sont entrés dans un bar.
Le gars des vues s'est-il mêlé de cette histoire abracadabrante?
Nos regards se chargent d'une présence plutôt joyeuse. Il n'est pas là, le grand, avec ses frasques. Mais il occupe toute la place et il nous inspire. Nous ne veillerons pas au corps de Mike. Mais nous chantons sa mémoire qui est en nous. Nous aimons Michael et puis c'est tout.
Le moment est rare et beau. Comment être à la hauteur sans trahir l'écriture en marche, ce perpétuel petit cinéma dans nos têtes, comme il me le dit un jour?
La vie trace parfois de ces rendez-vous!
Je vais donc encore un peu parler «Gurrie». Puisque je ne suis pas seul à aimer cette langue.

http://runphoto.canalblog.com/archives/2005/07/
Je joins deux textes qui débouchent eux aussi sur l'histoire d'une bouteille lancée à la mer et qui, on ne sait pas pourquoi, revient chez vous un bon matin remplie de larmes mais absolument lumineuse, traversée de part en part par un soleil qui a beaucoup voyagé à dos d'homme.
***
COMME UNE BOUTEILLE À LA MER
Quand Michael Thomas Gurrie déboulait comme une cordée de bois dans mon salon à deux heures du matin, imbibé de Prunelle de Bourgogne, de Drambuies ou de toute autre substance qu'une tête dure d'Irlandais aurait décidé d'affronter, je ne peux pas dire que ma blonde était d'équerre à nous faire des crêpes pour déjeuner! Mais je l'accueillais mieux qu'un frère peut-être, parce que sous l'armure du délinquant se trouvait un compagnon d'armes en écriture, parce que, tout simplement, c'était un ami.
Mike, un oiseau rare à la Hemingway, était passionné de sports et de littérature. Il faisait de la boxe, de l'aviron et des poèmes avec un souffle égal. Il souhaitait par-dessus tout gagner sa vie avec sa plume. Il devint journaliste sportif.
Mais avant de s'établir à la Presse Canadienne où il a oeuvré jusqu'à sa mort prématurée en 1999, mon ami Gurrie a appris son métier en vadrouillant ici et là. C'est arrivé quelquefois qu'il me demanda d'écrire des textes qu'il a fait paraître. Ce fut le cas notamment pour la revue Le Goéland, une publication qui se vouait à la défense des personnes handicapées.
Pour ma première collaboration, j'avais soumis un projet d'interview avec une collègue du bureau, Francine Bertrand, malentendante. Je n'avais jamais fait d'interview avant ce jour et j'ai réalisé, non sans peine, que la logique d'un entretien parlé se transforme en puzzle, voire en pieuvre, lorsque vient le temps de rédiger le texte. J'ai pioché tant que j'ai pu pour être fidèle aux propos recueillis. Je crois que tout le monde, à commencer par Francine, était satisfait du résultat. Et nous avons eu une chance inouïe puisque ce numéro fut exceptionnellement inséré à 100 000 exemplaires dans l'édition du samedi du journal La Presse.
Cela ne date pas d'hier! Le texte a paru au printemps de 1985. Mais qui sait quand s'éteindra jamais un texte? Nos appels, nos écrits, nos messages, nos lettres, nos signes, nos cris, notre parole, dirait Michel Garneau, n'est-elle pas toujours comme une espèce de bouteille à la mer qui attend que quelqu'un la recueille? Et pourquoi donc les mots que l'on trouve sur notre passage sont parfois ceux qui nous manquaient absolument?
Cela se peut! Voyez : l'an dernier, Francine Bertrand, qui est toujours au poste, m'envoie un courriel qui me jette par terre, qui vraiment m'a beaucoup ému. Je sais que mon petit frère de grand fou de Gurrie aurait été ravi par cette histoire écrite à plusieurs mains dont il est en quelque sorte le premier responsable. Avec sa permission, je laisse Francine vous raconter la suite. C'est une histoire simple, humaine, extraordinaire! Je n'ai pas d'autres mots. Comme une bouteille à la mer...
***
Bonjour Jacques,
Vendredi dernier, je dînais avec des amies qui m'ont alors présenté une dame sourde profonde. Elle travaille à la Fonction publique au 8e étage du Complexe Guy-Favreau. Aussitôt qu'elle m'a vue, elle m'a dit qu'elle m'avait reconnue à cause du magazine pour lequel tu m'avais interviewée, tu t'en rappelles? Elle m'a dit que grâce à ce reportage, elle avait eu l'espoir de pouvoir travailler. Elle vient de Mont-Laurier, un coin qui n'avait pas grand chose à offrir pour les sourds profonds. À l'époque, elle s'occupait de ses parents et s'inquiétait du jour où ils ne seraient plus là : qu'est-ce qu'elle ferait de sa vie? Puis un jour, son beau-frère lui a montré ton reportage sur moi. Ça lui a donné de l'espoir (...) Elle ne pouvait pas croire qu'un patron puisse remplacer mon signal sonore par un lumineux, que je pouvais me débrouiller..... enfin, tu connais mon histoire. À 43 ans, elle a donc commencé à travailler à la Fonction publique et d'ici un an, elle prendra sa retraite. Elle a maintenant 61 ans. Elle était Cr-3, elle s'est battue pour avoir un Cr-4, s'est acheté un condo, etc. Je tenais à te dire cela, car j'en étais émue... et mes amies aussi! C'est grâce à ton reportage, ça a donné de l'espoir à quelqu'un et peut-être à d'autres qu'on ne connaît pas... Merci.
Francine Bertrand, Services de technologie de l'information, Montréal
Ces deux textes ont parus dans la revue Carrefour, TPSGC, printemps 2004.
par Jacky boy | le 2006-04-07 00:13:10 | PERMALIEN
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CITY- HOTEL POUR ALFRED
Alfred DesRochers. Quand nous étions étudiants en philo à Sherbrooke, parfaits délinquants, plutôt trafiquants de poésie, mon chum Michaël et moi avions manigancé une visite chez Alfred. Notre souhait n'est jamais advenu. Mais on l'aura vu passer à l'université qui lui décerna un doctorat honorifique. Il était si heureux. Les yeux plein d'eau, il déclara : «J'ai la chance rare d'être prophète dans mon propre pays».
C'était un peu avant qu'on ne l'enterre à St-Élie-d'Orford, là où, justement, ça sent l'alcool et le prophète. C'était avant que l'on accroche son nom à l'une des cimes du Parc du Mont-Orford.
Le Mont Alfred-DesRochers
Cette cime, vous le savez, est à vendre. N'importe qui peut l'acheter, nous dit une sinistre ministre. Ça vous intéresse une belle petite montagne juste un pouce et demi en-dessous des États-Unis?
Orford 2006. Donc, le petit libéralisme grégaire suit son cours dans la province de Québec. Un pro-moteur demande 65 hectares pour enrichir son curriculum vitae et jeter, ici et là, quelque mille petits nids-condos d'amoureux, des amoureux qui ont du foin à revendre, s'entend. Mais pourquoi faire maigre quand on peut faire gras? Voici que Jean Patapouf, un avocat de première qui défend sa région orpheline, flanqué de la grande dame de la politicaillerie québécoise, Monique Gagnon-Tremblay, marraine en sus de l'Estrie et avant tout, barmaid attitrée de la Chambre de commerce de Magog, voilà que le Cabinet au complet, y compris l'inébranlable docteur Couillard, offre à Monsieur L'Espérance, homme de nature et de bidoux ayant la montagne dans le pif, on lui offre sur un plateau de neige pas moins de 685 hectares! Quelle belle passe-montagne! Manquez pas ça, vous autres!
La grande bourgeoisie qui mouille ses précieux orteils dans le Memphrémagog applaudit discrètement la création d'emplois et les bons placements de la transaction à venir. Par en-dessous de la table, ça tape du pied! Le champagne est au frais.
Mais, selon Léger & Léger, les trois quarts des Québécois, sans doute désinformés les pauvres, s'y opposent.
Ah! Ben!
Alfred DesRochers. J'y reviens. Il a écrit À l'Ombre de l'Orford vers 1929. Mon édition chez Fides, collection du Nénuphar, date de 1948. Son nom revient en plein jour. On se rappelle son rire sonore, sa voix comme un machinaw qui claque au vent : «C'est le réveil de la nature!».
Clémence DesRochers, graine de poète, elle a fait la promesse à son père de se battre! C'est viscéral mon petit Jean. Nous sommes tous des petits au pied du Mont-Orford. Quand on vient des Cantons-de-l'Est, on sait cela. Le Mont-Orford est une église. Les vendeurs du Temple aimeront-ils se faire chasser?
Les mots d'Alfred nous remontent à la gorge en ce printemps 2006. Ce matin, dans Le Devoir, l'éditeur de la Bibliothèque Québécoise (BQ) en profite, place une annonce en première page, avec une belle photo de l'écrivain barbu. Tant mieux. Les poètes ont la couenne dure. Ils peuvent vivre de temps en temps éternellement.
Je suis content. Je suis heureux que les gens de mon pays natal puisent dans les mots du poète pour combattre. Comme si c'était un flambeau.
Je ne suis pas Robin des bois, mais je ne veux pas être en reste. Jeudi dernier, à Orford, je participais à un colloque qui n'avait rien à voir avec la contestation. Hasard de la vie. Mais nous étions bel et bien à l'ombre de l'Orford! J'avais une petite gig à faire. Qu'est-ce que j'ai fait? Mine de rien, j'ai récité City-Hotel, entrecoupé d'un filet d'harmonica. Devant 75 personnes venues d'un peu partout au Québec. Voici le texte. Rien à voir avec la contestation. Mais attention! La poésie, même dormante, est toujours de la dynamite...
City-Hotel
«Nous n'irons plus voir nos blondes»
Le sac au dos, vêtus d'un rouge machinaw,
Le jarret musculeux étranglé dans la botte,
Les shantymen partants s'offrent une ribote
Avant d'aller passer l'hiver à Malvina.
Dans le bar, aux vitraux orange et pimbina,
Un rayon de soleil oblique, qui clignote,
Dore les appui-corps nickelés, où s'accote,
En pleurant, un gaillard que le gin chagrina.
Les vieux ont le ton haut et le rire sonore,
Et chantent des refrains grassouillets de folklore;
Mais un nouveau, trouvant ce bruit intimidant,
S'imagine le camp isolé des Van Dyke,
Et sirote un demi-schooner en regardant
Les danseuses sourire aux affiches de laque.
- À l'ombre de l'Orford, p. 38.
par Jacky boy | le 2006-04-03 19:59:39 | PERMALIEN
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S.O.S. POUR L'ORFORD LIBRE!
Une pétition circule sur le site SOS Parc Orford.
par Jacky boy | le 2006-04-02 15:53:23 | PERMALIEN
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